L'argent se fait attendre

Le gouvernement Harper n'a toujours pas versé les 400 millions de dollars qu'il a promis au Fonds de reconstruction d'Haïti (FRH), révèle le quotidien Le Devoir. La nouvelle est confirmée par l'Agence canadienne de développement international (ACDI), qui gère le dossier.

Ottawa n'a toujours pas versé les 400 M$ promis pour la reconstruction d'Haïti, révèle Le Devoir. Il n'est cependant pas le seul : sur les 5,4 G$ promis par la communauté internationale sur deux ans, seuls 100 M$ ont été versés.

Un homme marche au milieu des débris qui jonchent toujours les rues de Port-au-Prince. Un homme marche au milieu des débris qui jonchent toujours les rues de Port-au-Prince.  Photo :  PC/AP/Alexandre Meneghini

« Le Canada évalue comment les sommes seront versées », a expliqué un porte-parole de l'agence, Scott Cantin, au quotidien montréalais. Ce dernier rappelle que le Canada a deux ans pour respecter son engagement. Une annonce pourrait toutefois être faite sous peu.

Le Canada n'est pas le seul pays qui tarde à verser de l'argent sonnant et trébuchant au FRH, qui est administré par la Banque mondiale, l'ONU, la Banque interaméricaine de développement et l'Association internationale de développement.

En fait, seuls 100 millions de dollars canadiens ont été versés en bonne et due forme au Fonds, ce qui équivaut à 1,9 % des 5,4 milliards de dollars promis par la communauté internationale pour les deux premières années suivant le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier. Sur 10 ans, les promesses s'élèvent à 11 milliards de dollars.

Dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, et ailleurs dans le pays, les stigmates de ce désastre naturel sont encore évidents. Des amas de débris sont visibles un peu partout et plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent encore dans des abris de fortune.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est récemment montré inquiet de la tournure des évènements. « Je suis inquiet, parce que l'aide pour ce programme n'est pas acheminée aussi rapidement que nous l'avions anticipé. Il faut aller plus vite », a-t-il déclaré fin juin.

Si le Canada est au nombre de ceux qui n'ont pas versé leur part pour la reconstruction, il en va autrement en ce qui concerne la phase d'urgence. Ottawa a déjà versé 150 millions de dollars à cette fin, soit une somme de 85 millions débloquée dans les premiers jours, et une autre tranche de 65 millions.

Cette dernière tranche est tirée de la somme de 220 millions de dollars créée par la décision du Canada de verser une somme équivalente à celle versée par les Canadiens à des organismes de charité présents en Haïti. Les Canadiens ont finalement versé 110 millions.

Le Canada participe aussi aux efforts pour éponger la dette d'Haïti auprès des institutions financières internationales. La part du Canada s'élève à 33 millions de dollars sur une dette totale de 825 millions de dollars.

La somme de 400 millions promise au FRH s'ajoute à ces montants.

Retard frustrant

Dans un communiqué publié jeudi, l'organisme Médecins sans frontières affirme que la situation reste « extrêmement précaire » pour la majorité des Haïtiens. Selon l'ONG, la frustration de la population s'accroît face à la lenteur de la reconstruction.

« Il existe un terrible fossé entre l'enthousiasme et les promesses d'aide faites aux victimes dans les premières semaines qui ont suivi le tremblement de terre, et la désastreuse réalité sur le terrain six mois après », affirme le chef de mission de MSF, Stefano Zannini.

Selon M. Zannini, l'accès aux soins médicaux en Haïti s'est cependant amélioré dans la foulée du séisme. « Il est sans aucun doute plus important qu'avant le tremblement de terre, permettant aux populations les plus pauvres de bénéficier de soins de santé appropriés ».

MSF a déclaré au quotidien La Presse que « le maintien d'un tel système dépend d'un engagement international dans la durée, et de réelles questions se posent sur sa viabilité ».

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