Importante offensive antitalibane

Radio-Canada avec Associated Press et Agence France-Presse
Jean Bédard donne les détails de cette opération.

Environ 15 000 militaires des forces afghanes et internationales, dont les militaires canadiens, lancent une grande offensive contre un bastion des talibans à Marjah, dans la province d'Helmand, dans le sud du pays.

Les forces de l'OTAN sous commandement américain ont lancé une grande offensive samedi contre un bastion des talibans, situé dans la province d'Helmand, dans le sud de l'Afghanistan.

Quelque 15 000 soldats américains, britanniques et afghans, notamment, ont donné l'assaut aux premières heures de la matinée contre la ville de Marjah et le district de Nad Ali, considérés comme l'un des derniers bastions talibans de la province.

Cinq soldats de l'OTAN, dont trois Américains, ont été tués dans deux attentats et un échange de tirs qui ont eu lieu dans la région. L'alliance atlantique n'a cependant pas précisé s'ils avaient péri dans l'offensive.

Un porte-parole des talibans a indiqué que six soldats étrangers avaient été tués depuis le début des affrontements.

L'armée afghane fait pour sa part état d'une vingtaine de morts parmi les talibans.

Cette offensive, baptisée Moshtarak (qui signifie « ensemble » en dari) est la plus importante lancée contre les insurgés depuis 2002.

Pour l'armée canadienne, il s'agit d'une opération aéroportée d'une ampleur sans précédent. Escortés par quatre de ses appareils de type Griffon, trois de ses hélicoptères Chinook ont aidé à transporter à 1100 soldats de la coalition à Nad Ali. En tout, 40 hélicoptères de plusieurs pays ont participé à l'opération.

Un commandant taliban, Qari Fazluddin, a déclaré à l'agence Reuters, avant l'offensive, que 2000 taliban étaient décidés à résister à l'assaut de Marjah. Selon d'autres sources, entre 150 et 200 insurgés se terrent dans les environs de Nad Ali. L'OTAN croit qu'ils disposent de mitrailleuses, de grenades propulsées par fusée, d'armes antiaériennes et d'autres armements légers.

Il y a quelques jours, les 125 000 habitants ont été avertis d'une attaque imminente. Une centaine de familles ont choisi de fuir le secteur.

Les leaders tribaux n'ont pas tenté d'empêcher l'offensive, mais ont tout de même prié l'OTAN de la terminer rapidement et de limiter le nombre de frappes aériennes afin d'épargner les civils.

Marjah est la plus grande ville contrôlée par les talibans dans le sud du pays. Elle est au coeur d'une des principales régions productrices de pavot. L'opium produit à partir de cette plante est une importante source de revenus pour les rebelles et les seigneurs de la guerre de la région.

Avec cette offensive, l'OTAN espère y éradiquer la rébellion, qui gagne en ampleur, de façon à y rétablir l'autorité du gouvernement et saper le soutien dont jouissent les fondamentalistes armés dans leur bastion du sud.

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