Jacmel entre les mains de l'EICC

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le centre-ville de Jacmel Le centre-ville de Jacmel  Photo :  AFP/Andrew Bigosinski

Les deux navires de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe des Forces canadiennes jettent l'ancre dans cette petite ville côtière située au sud-est de Port-au-Prince. Québec annonce de son côté une aide supplémentaire de 3 millions de dollars.

Les deux navires canadiens de l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe des Forces canadiennes (EICC, connue sous l'acronyme anglais DART), l'Athabaskan et le Halifax, ont jeté l'ancre lundi près des côtes haïtiennes.

Le contre-torpilleur HMCS Athabaskan est arrivé à Port-au-Prince et la frégate HMCS Halifax mouille à Jacmel, une ville d'environ 30 000 habitants située à une trentaine de kilomètres au sud-est de la capitale.

Ces bateaux transportent un hélicoptère Sea King, des générateurs, des équipements de premiers soins, des vivres et des médicaments à distribuer dans la région de Jacmel, qu'on dit détruite à 90 %. C'est le premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive qui a demandé à Ottawa de déployer l'EICC dans cette région.

Les 500 personnes à bord des deux bateaux ont pour mission d'assurer la sécurité des convois, de prodiguer des soins médicaux et de reconstruire des routes et des ponts.

La ville de Jacmel a été retenue pour ce déploiement parce que la région n'a reçu aucune aide jusqu'ici, a expliqué le brigadier général Guy Laroche. Il admet par ailleurs que plusieurs régions d'Haïti auraient pu recevoir cette aide ponctuelle de l'armée canadienne.

Un groupe de militaires rattachés à l'EICC s'était rendu à Haïti dès le lendemain du tremblement de terre pour évaluer les besoins.

Jacmel, ville natale de la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a été durement touchée par le séisme. La ville est coupée du reste du pays depuis la catastrophe, et une aide substantielle ne peut y être acheminée que par la voie aérienne.

« Jacmel est une priorité pour le gouvernement », indique l'ambassadeur canadien en Haïti, Gilles Rivard, qui dit avoir été parmi les premiers à se rendre dans la ville, il y a deux jours. « L'hôpital de Jacmel a été à moitié détruit, et même avant le tremblement de terre [il] était dans un état déplorable. Alors, on peut imaginer à quoi ça ressemble aujourd'hui »

Selon Associated Press, les secouristes qui se sont rendus sur place jusqu'ici ont dû le faire sans les équipements lourds habituellement nécessaires à ce genre d'opération. Aucun survivant n'aurait d'ailleurs été trouvé sous les décombres et des corps jonchent toujours les rues de la ville.

« Je pense que la DART est bien constituée pour faire la différence et pour aider la population. Elle est capable de produire de l'eau potable et de fournir un [soutien] médical », indique le brigadier général Laroche.

Le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, avait annoncé dimanche l'envoi en Haïti de 1000 soldats canadiens, dont une majorité sont issus du Royal 22e Régiment de Valcartier, près de Québec. Plusieurs de ses soldats reviennent tout juste d'Afghanistan et ont dû recevoir des autorisations spéciales en raison du temps minimal qui doit être respecté entre les déploiements.

Le chef d'état-major de l'armée canadienne, le général Walt Natynczyk, a dit que cette opération, baptisée Hestia, pourrait durer un ou deux mois, mais il n'a pas exclu que cela se prolonge, selon les besoins.

D'ici la fin de la semaine, le Canada aura déployé près de 2000 militaires en Haïti.

3 M$ de plus de Québec

Le gouvernement du Québec a annoncé lundi qu'il versait une aide d'urgence de 3 millions de dollars à différentes organisations humanitaires actives en Haïti.

Un million va à la Croix-Rouge et un autre à OXFAM-Québec. Le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) reçoit 500 000 $, tandis que les organismes Développement et paix et Médecins du monde se partagent l'autre demi-million à parts égales.

« De nombreux organismes québécois sont à pied d'oeuvre en Haïti pour sauver des vies et mener des actions humanitaires dans des conditions très difficiles. [...] Notre aide vient appuyer le travail extraordinaire fait par ces organismes dans des conditions extrêmement difficiles », a dit M. Charest par voie de communiqué.

Québec s'est aussi engagé la semaine dernière à déployer des ressources à Port-au-Prince pour la sécurité et l'aide médicale. Le gouvernement dit attendre le feu vert des autorités pour aller de l'avant.

Par ailleurs, le gouvernement Charest cherche en outre un moyen d'accélérer les procédures d'adoption d'enfants haïtiens par des Québécois.

D'autres initiatives destinées à fournir de l'aide à Haïti voient le jour ailleurs en province. Un groupe de neuf professionnels de la santé du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke - quatre chirurgiens, un anesthésiste, trois infirmières et un médecin de famille - s'envoleront vers Port-au-Prince demain. Ils iront travailler à l'hôpital Albert Schweitzer, situé à 65 kilomètres au nord de la capitale haïtienne.

Des dons du ciel

L'armée américaine commence de son côté à larguer de l'eau et de la nourriture sur Haïti. Quelque 14 000 repas préparés et 15 000 litres d'eau ont déjà atterri au nord-est de Port-au-Prince, signale l'armée. Une zone de 900 sur 1800 mètres a été sécurisée au préalable pour les parachutages.

Les militaires américains avaient affirmé plus tôt que le parachutage de vivres était trop risqué, mais la congestion à l'aéroport qui entrave la distribution de l'aide a rendu cette mesure nécessaire. Les autorités craignaient que le parachutage de vivres ne suscite des émeutes dans la population haïtienne.

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