Le réchauffement climatique

Les conséquences

Fonte des glaces La fonte des glaces s'accélère en Arctique

Le réchauffement climatique constaté depuis un siècle serait à l'origine de la dilatation thermique des masses d'eau de mer et de la fonte des calottes glaciaires polaires et alpines. Ainsi, depuis la fin des années 60, la couverture mondiale neigeuse aurait diminué de 10 % et, dans une grande moitié de l'hémisphère Nord, les vagues de froid hivernal dureraient deux semaines de moins qu'il y a 100 ans. À certains endroits, les glaciers du Groenland ont perdu 10 mètres d'épaisseur. Le niveau des océans s'est élevé de 10 à 25 centimètres au cours des 100 dernières années.

On estime que le niveau de la mer devrait monter de 30 à 50 centimètres au cours des 50 prochaines années. La prévision la plus modérée indique qu'une élévation du niveau de la mer d'à peine 30 centimètres forcerait des millions de gens qui vivent au niveau de la mer (ou presque) à s'installer ailleurs. Leurs foyers et leurs terres seraient en effet inondés, et l'infiltration d'eau de mer aurait pour effet de saliniser les terres agricoles et de les rendre stériles. Les zones des marées, une composante des écosystèmes marins, seraient perturbées par l'élévation du niveau de la mer, ce qui entraînerait une réduction supplémentaire des réserves de poissons des eaux côtières et des océans.

Certaines prévisions indiquent que, pour chaque augmentation de un degré Celsius, on peut s'attendre à une augmentation de 2 % des précipitations moyennes. Ces précipitations ne seraient toutefois pas également réparties: certaines régions deviendraient plus chaudes et plus humides alors que d'autres deviendraient plus chaudes et plus sèches.

Sécheresse au Kenya en février 2006 Sécheresse au Kenya en février 2006  Photo :  AFP/TONY KARUMBA

Ainsi, on pourrait assister à l'extension de la zone des moussons dans certaines régions et à l'augmentation de la sécheresse dans les zones tropicales sèches. Par ailleurs, les forêts tempérées seraient menacées par des risques d'incendie plus élevés. Les espèces végétales et animales seraient évidemment touchées par de tels bouleversements climatiques, qui entraîneraient des migrations.

Les conclusions du GIEC

Dans le volet consacré aux impacts du réchauffement climatique, dans son quatrième rapport, publié en avril 2007, le GIEC fait un compte-rendu accablant.

Parmi les données les plus troublantes, le rapport prévoit que « 20 % à 30 % des espèces végétales et animales connaîtront un risque croissant d'extinction si les augmentations de la température mondiale dépassent 1,5 à 2,5 degrés Celsius par rapport à 1990 ». En comparaison, la température mondiale a grimpé de 0,74 degré Celsius au cours du dernier siècle.

Les experts prévoient toutefois que la température moyenne augmentera de 1,1 à 6,4 degrés Celsius d'ici 2100, par rapport à 1900. Les scénarios les plus réalistes ramènent toutefois cette hausse à une fourchette entre 2 et 4 degrés.

Si les températures grimpent de plus de 3 degrés, le GIEC estime qu'aucune région du globe ne sera épargnée. Les zones polaires et de faible latitude seront les plus touchées.

Les populations pauvres, même celles vivant dans les pays riches, seront les plus touchées par le réchauffement climatique. « Les plus pauvres sont aussi les moins aptes à s'adapter », a noté le président du GIEC, Rajendra Pachauri.

Le gouvernement canadien est écorché au passage par les auteurs du rapport. « Le Canada et les États-Unis ont déjà investi, mais sans se baser sur les projections pour l'avenir. Ces pays comptent trop sur la capacité de réaction des individus, des foyers et des entreprises », souligne le rapport.

Les prévisions par régions

Afrique: la sécurité alimentaire et l'approvisionnement en eau seront dangereusement compromis. Entre 80 et 200 millions de personnes supplémentaires seront touchées par la famine d'ici 75 ans. L'agriculture, qui représente jusqu'à 70 % du PIB pour quelques pays, pourrait diminuer de 50 %, dès 2020, en certains endroits du continent.

Pour ce qui est de l'eau, advenant une hausse (très probable) de 2 degrés, 600 millions de personnes viendraient s'ajouter aux 300 millions qui souffrent déjà des conséquences des pénuries. Les extrémités nord et sud du continent seraient les plus touchées.

Amérique latine: Le constat est tout aussi désolant dans cette partie du monde, où la désertification s'étend. D'ici 2050, des dizaines de millions de personnes seront exposées à la famine et à des pénuries d'eau.

L'Amérique centrale et du Sud a d'ailleurs enregistré une hausse de température supérieure à la moyenne planétaire, de 1 degré. Cette chaleur a pour effet de faire disparaître les glaciers andins, une situation « critique », note le GIEC, pour des pays comme la Bolivie, le Pérou, la Colombie et l'Équateur.

Europe: la partie sud du continent sera touchée par le réchauffement et pourrait vivre d'autres épisodes de chaleur intense. Le nord du continent sera toutefois une des rares régions du globe à profiter des changements climatiques. Parmi les bienfaits, notons des récoltes plus abondantes, des hivers plus doux et des forêts plus étendues. Le tiers des stations de ski de l'Europe occidentale pourraient fermer avec une éventuelle hausse globale de 2 degrés.

Asie: la fonte des glaciers himalayens engendrera des inondations, particulièrement en Chine. Dans les deltas les plus populeux, des millions de personnes pourraient être déplacées, advenant une hausse du niveau de la mer. Le continent asiatique est également en proie à des éboulements de terrain.

Arctique: cette zone fait partie des régions polaires jugées « extrêmement vulnérables » au réchauffement. La température y a augmenté deux fois plus rapidement que la moyenne globale. S'il est difficile d'évaluer la baisse de l'épaisseur des glaces, les experts s'entendent néanmoins pour avancer qu'il y aura disparition de zones d'habitat pour de nombreux oiseaux, mammifères et populations. Les ours polaires et les phoques, ainsi que les Inuits, qui en dépendent pour leur nourriture, en subiront les conséquences.

Amérique du Nord: le continent se tirera plutôt bien des impacts du réchauffement planétaire, en comparaison avec les autres régions du globe. Des impacts seront néanmoins visibles. Le réchauffement se traduira par des épisodes de canicule et de smog plus intenses et nombreux, de même que par de fortes tempêtes. Les personnes âgées sont les plus vulnérables à cette chaleur, et elles seront de plus en plus nombreuses avec le vieillissement de la population.

Bien contrôlée, la hausse des températures pourrait avoir des effets bénéfiques sur l'agriculture, faisant hausser la production de 5 à 20 %. Le rêve tournera toutefois au cauchemar si des événements extrêmes, tel l'ouragan Katrina, surviennent plus souvent. Les dégâts matériels pourraient alors se chiffrer dans les milliards de dollars.

L'hydro-électricité, une des industries majeures au Québec, sera grandement touchée par les changements. La baisse du niveau de l'eau, conjuguée à une hausse de la demande de courant pour les besoins de climatisation, posera des défis aux producteurs.

Les zones nordiques du Canada verront le pergélisol fondre, ce qui fragilisera les infrastructures. Pipe-lines, routes et chemins de fer exigeront donc un entretien plus coûteux.

Impact sur la santé

« « Tous les aspects de la santé humaine dépendent au bout du compte de l'état de la biosphère. Les scientifiques prévoient que le changement climatique aura des effets majeurs et irréversibles sur l'environnement, ce qui aura, dans les décennies à venir, des conséquences sur la santé et le bien-être des gens. » » — Déclaration des médecins sur le changement climatique, signée par plus de 50 organisations représentant des professionnels de la santé de tout le Canada.

Les situations climatiques extrêmes, comme les vagues de chaleur estivale, risquent de causer un stress aux habitants des zones urbaines qui n'ont pas les moyens de quitter la ville.

Smog à Toronto Un épisode de smog à Toronto

L'augmentation de la température pourrait aussi causer une dégradation de la qualité de l'air et l'augmentation du smog urbain. Sans compter la prolifération des pollens, poussières et autres particules qui pourrait provoquer ou aggraver les problèmes d'allergies et d'asthme.

On peut également s'attendre à ce que le réchauffement des températures cause une extension du territoire et une augmentation du nombre d'insectes porteurs de maladies telles que la malaria, la dengue et plusieurs sortes d'encéphalites virales. Certains animaux porteurs de maladies dangereuses, comme les rongeurs et les chauves-souris, pourraient aussi étendre leur territoire et devenir plus nombreux.

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