L'ambassadeur canadien convoqué

Le ministre des Affaires étrangères iranien a rencontré, dimanche, l'ambassadeur du Canada à Téhéran, Gordon Venner.

Le gouvernement iranien proteste contre les propos du premier ministre Stephen Harper concernant une loi iranienne présumée imposant aux non-musulmans de porter des signes distinctifs sur leurs vêtements.

Stephen Harper Le premier ministre canadien Stephen Harper  Photo :  AFP/Patrick DOYLE

Le gouvernement iranien voulait ainsi protester contre des propos tenus la semaine dernière par le premier ministre canadien Stephen Harper. M. Harper s'était en effet dit horrifié par une nouvelle du National Post, selon laquelle une nouvelle loi iranienne obligeait les non-musulmans à porter des signes distinctifs sur leurs vêtements.

Mises au courant de la nouvelle du quotidien canadien, les autorités iraniennes avaient immédiatement démenti cette information, de surcroît par le biais d'un député juif du Parlement.

« Le Canada est sur une mauvaise voie. Nous avons convoqué l'ambassadeur du Canada pour protester contre le premier ministre canadien qui a tenu des propos irréfléchis » a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien.

« Il n'est pas correct qu'un responsable officiel fasse des déclarations se basant sur de fausses informations. Nous invitons les Canadiens à avoir une attitude plus réfléchie », a-t-il ajouté.

Les propos controversés ont été tenus la semaine dernière, lors de la rencontre entre le premier ministre Harper et son homologue australien, John Howard. En précisant qu'il ne pouvait confirmer la véracité des informations, M. Harper avait toutefois déclaré: « Malheureusement, nous en avons déjà vu assez de la part de ce gouvernement pour suggérer qu'il est très capable de ce genre d'actes. »

« Cela dépasse l'entendement qu'il y ait sur cette planète un régime capable d'un geste qui rappelle l'Allemagne nazie. Si cela est vrai, ce n'est pas seulement déplorable, c'est inquiétant », avait-il poursuivi.

Il avait invité la communauté internationale à « bien réfléchir à la nature d'un régime capable d'envisager de telles choses ».

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Canada, Marie-Christine Lilkoff, a confirmé mercredi que le ministre des Affaires étrangères iranien avait rencontré l'ambassadeur du Canada à Téhéran. Elle n'a toutefois pas voulu commenter davantage.

Les relations sont tendues entre Téhéran et Ottawa depuis la mort de la photojournaliste irano-canadienne Zahra Kazemi en juillet 2003, en Iran. Ottawa avait décidé de restreindre ses liens avec Téhéran pour dénoncer l'attitude des autorités iraniennes dans ce dossier. Ottawa leur reprochait de vouloir cacher des informations sur les circonstances exactes de la mort de Mme Kazemi.

En juillet 2004, le gouvernement canadien avait même rapatrié son ambassadeur à Téhéran.

Les excuses du National Post

Mercredi, le National Post a présenté des excuses au sujet de l'article qui a mis le feu aux poudres.

Dans un long commentaire, le rédacteur en chef Douglas Kelly écrit qu'il est « désormais clair que l'histoire était fausse ».

« Nous présentons nos excuses pour cette erreur et pour l'émotion qu'elle a pu susciter non seulement chez nos lecteurs, mais aussi dans le public plus large qui a pu la lire », écrit M. Kelly.

Le rédacteur en chef du quotidien torontois explique que l'histoire publiée par son journal était fondée sur l'article d'un auteur et journaliste iranien, Amir Taheri, ainsi que sur plusieurs autres sources.

Le journal a précisé qu'il réexaminera ses procédures pour éviter la répétition de telles erreurs.

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