Museveni réélu dans la controverse

Au pouvoir depuis 1986, le président sortant remporte les élections avec 60 % des votes. Dans la foulée de l'annonce du résultat, la police a tiré à balles réelles pour disperser des opposants qui dénonçaient des fraudes.

Au pouvoir depuis 1986, le président sortant remporte les élections avec 60 % des votes. Dans la foulée de l'annonce du résultat, la police a tiré à balles réelles pour disperser des opposants manifestant pour dénoncer des fraudes.

Amorcé il y a 20 ans, le règne de Yoweri Museveni sur le petit État de la région des Grands Lacs se poursuit.

Le président de la commission électorale annonçant les résultats du scrutin Le président de la commission électorale annonçant les résultats du scrutin

Le président sortant est réélu avec près de 60 % des voix, contre un peu plus de 37 % pour son principal opposant du Forum pour le changement démocratique (FCD), Kizza Besigye.

C'est en tout cas ce qu'a annoncé la commission électorale après le dépouillement des votes de 99 % des bureaux de scrutin.

Le taux de participation à l'élection, la première à permettre le multipartisme depuis 26 ans, est de 65 % des quelque 10,4 millions d'électeurs.

L'opposition dénonce, la police frappe

Des partisans de M. Museveni célébrant sa victoire Des partisans de M. Museveni célébrant sa victoire

Dans la foulée de l'annonce des résultats, quelques centaines de partisans mécontents de M. Besigye se sont rassemblés devant le siège de FCD, à Kampala. La police anti-émeute les a dispersés au moyen de gaz lacrymogènes et de tirs de balles réelles, après qu'ils eurent lancé des pierres au passage de partisans du président. On ne signale aucun blessé.

M. Besigye, rival historique du président réélu, dénonce les irrégularités qui ont entaché, selon lui, le processus électoral. Il entend contester les résultats devant les tribunaux. Le Mouvement de résistance nationale (NRM) de M. Museveni affirme pour sa part que les élections ont été « libres et justes ».

En exil jusqu'en octobre 2004, Kizza Besigye avait été emprisonné peu après son retour pour « trahison », notamment, et détenu jusqu'en avril dernier. Les tribunaux du pays ont failli empêcher sa participation aux élections et ont nui à ses activités pendant la campagne.

Irrégularités constatées

Annonce de la commission électorale

Monitor, un groupe de presse indépendant d'Ouganda, affirme que son site Internet et sa station de radio ont été « piratés » pour empêcher la diffusion de résultats indépendants. Le ministre de l'Intérieur a aussitôt nié que son gouvernement ait été responsable d'interférence, accusant le Monitor de chercher à « discréditer le processus électoral ».

La mission d'observation de l'Union européenne a dénoncé quant à elle le fait que « le processus électoral avait été marqué par nombre de problèmes » et l'utilisation de fonds publics, par le président sortant, pour financer sa campagne.

Washington souligne de son côté l'absence relative de violence au cours du processus et l'absence apparente de fraudes.

Museveni, autocrate ?

Les règles du jeu constitutionnelles interdisaient à M. Museveni de se présenter à nouveau cette année. Il a toutefois modifié la Constitution, en 2005, pour pouvoir solliciter un nouveau mandat. La communauté internationale a suspendu l'aide économique à l'Ouganda, dernièrement, pour protester contre le durcissement du régime de M. Museveni.

Les dernières élections, en 2001, permettaient le concours de plusieurs candidats qui devaient cependant être sans étiquette partisane. Elles avaient vu MM. Museveni et Besigye récolter des proportions semblables des votes. Le premier avait remporté la victoire avec 69 % des appuis. Son rival s'était insurgé contre des fraudes électorales.

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