Le suicide fait des ravages au Nunavik

C'est connu, le Québec affiche un des taux de suicide les plus élevés au monde. Mais au Nunavik, la situation est encore plus grave. Le suicide y est la première cause de mortalité, bien avant les maladies cardio-respiratoires et le cancer.

Selon une récente enquête de l'Institut national de santé publique, le suicide dans cette région du Nord du Québec est la première cause de mortalité, bien avant les maladies cardio-respiratoires et le cancer.

Une récente enquête sur la santé de la population du Nunavik dont la radio de Radio-Canada a obtenu les résultats préliminaires montre que la situation se détériore sans cesse, en particulier chez les jeunes.

« C'est tellement grave, c'est tellement élevé, c'est comme si, de façon subtile, il y une tranche de la population qui est en train de s'éliminer », affirme Serge Déry, directeur de la santé publique du Nunavik.

Dans les 12 mois qui ont précédé l'enquête, 20 % des 15 à 29 ans disent avoir pensé à s'enlever la vie. Et ils sont tentés de le faire dans une proportion d'un sur huit.

Il s'agit en majorité de jeunes femmes. Elles sont deux fois plus nombreuses que les jeunes hommes à tenter de se suicider. L'enquête révèle en outre que deux femmes sur cinq disent avoir été victimes d'abus sexuels. Selon M. Déry, il peut y avoir un lien entre les deux facteurs.

Et comme si le portrait n'était pas assez sombre, l'enquête montre aussi que la drogue a envahi la région. Près de 60 % des inuits consomment de la marijuana. C'est presque deux fois plus qu'au début des années 90. Les drogues dures ont aussi trouvé le chemin du nord : 8 % de la population consomme de la cocaïne.

Plus de 1000 Inuits des 14 communautés du Nunavik ont été interrogées dans le cadre de cette enquête menée par l'Institut national de santé publique.

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