Bonne année 2015 à la Caisse, mais les actifs stagnent au Québec

La Caisse de dépôt et placement du Québec (archives)  Photo :  PC/Ryan Remiorz

D'année en année, l'administration de Michael Sabia se surpasse à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Malgré une année 2015 particulièrement décevante sur les marchés, l'institution qui gère les bas de laine des Québécois est parvenue à dégager un rendement de 9,1 %. 

Gérald Fillion
Un texte de Gérald Fillion
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Un rendement de 9,1 %, c'est plus que l'indice de référence de la Caisse, et c'est plus élevé aussi que l'indice des régimes de pensions du Canada calculé par la RBC.

La Caisse a bien profité de la chute du dollar canadien. Ses investissements en devises étrangères ont réalisé des résultats exceptionnels : les portefeuilles d'actions de qualité mondiale et d'actions américaines ont enregistré des rendements de plus de 21 %. En retour, les actions canadiennes ont encore déçu : -3,9 % en 2015, annonce la Caisse.

Dans les placements privés, les infrastructures et les immeubles, la Caisse se démarque avec des rendements élevés. La filiale immobilière Ivanhoé Cambridge est même devenue en 2015 l'investisseur institutionnel étranger le plus important aux États-Unis.

Cela dit, la bonne étoile de Michael Sabia pourrait pâlir. Non pas parce que la Caisse prend des risques inconsidérés, mais parce que les marchés s'annoncent décevants en 2016, a-t-il expliqué en conférence de presse. Certains analystes évoquent des rendements négatifs possibles. On verra bien.

Et au Québec ? 

Le bémol aux résultats de la Caisse, c'est l'engagement de l'institution envers le Québec. Pour la première fois depuis des années, son actif au Québec a baissé en 2015. 

Plus précisément, les actifs de la Caisse au Québec ont grimpé de 41 à 60 milliards de dollars de 2011 à 2014, avant de tomber à 59,7 milliards de dollars. Les résultats ont été décevants en 2015 au Canada, on l'a dit. Mais surtout, la Caisse a réduit son intensité d'investissement au cours de cette année, alors que la croissance de l'actif québécois a grimpé de 11 à 14 % par année de 2011 à 2014.

Avec la décision de déposer ses actions dans la vente de Rona à la société américaine Lowe's, la Caisse a fait le choix de la bonne transaction financière pour les actionnaires et les dirigeants, mais l'intérêt supérieur de l'économie du Québec, les fournisseurs, les clients, les employés ont-ils été considérés avec autant d'attention?

La Caisse a soigné avec minutie sa stratégie d'investissements au Québec pour souligner à grands traits que l'objectif de contribuer à l'économie du Québec était tout aussi important que celui d'atteindre un rendement optimal. Est-ce que cet équilibre existe toujours?

L'économie avec Gérald Fillion