Le nouveau PDG d'Hydro-Québec envisage des acquisitions à l'étranger pour doubler les revenus

Éric Martel, nouveau président-directeur général d'Hydro-Québec Éric Martel, nouveau président-directeur général d'Hydro-Québec  Photo :  SRC

Dans sa première allocution publique depuis son entrée en poste, en juin, le nouveau président-directeur général d'Hydro-Québec a parlé des défis de la société d'État ainsi que de ses priorités pour les années à venir. Il a évoqué un changement de ton très clair, citant au passage Winston Churchill à deux reprises : « L'attitude est une petite chose qui fait une grande différence. »

Un texte de Mathieu DionTwitterCourriel

Ils sont venus par centaines au Palais des congrès de Montréal pour entendre Éric Martel sur sa vision d'Hydro-Québec. L'événement se tenait dans le cadre des activités publiques de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

L'ingénieur et ancien gestionnaire chez Bombardier a raconté son expérience des premiers mois : ses visites au sein des différentes installations québécoises, la rencontre de 4500 employés pour comprendre leurs préoccupations et sa compréhension de l'organisation. Chose certaine, Hydro-Québec devra dorénavant faire mieux.

Hausse des tarifs

L'un des enjeux de taille pour Hydro-Québec est la satisfaction de sa clientèle. « Bien que la société soit un monopole, a souligné Éric Martel, on doit se retrousser les manches pour devenir une référence dans tout ce qu'on fait. » La gestion des tarifs y est pour beaucoup. Il s'est ainsi engagé à maintenir la hausse en deçà de ou égale à l'inflation.

Si l'hiver doux de cette année risque de réduire les revenus de l'entreprise, le nouveau patron affirme qu'il n'y a pas que la ligne des revenus qui importe dans le budget; des solutions peuvent être trouvées ailleurs.

Les quatre grandes priorités d'Éric Martel, PDG d'Hydro-Québec Les quatre grandes priorités d'Éric Martel, PDG d'Hydro-Québec  Photo :  ICI Radio-Canada

Acquisitions à l'étranger

Hydro-Québec a généré des bénéfices de 3 milliards de dollars en 2014. Si la tendance se maintient, au rythme de croissance de 1,9 % par année, l'organisation générerait 4 milliards de bénéfices en 2030. Éric Martel mise plutôt sur une croissance de 3,7 % et des bénéfices de 5,2 milliards de dollars en 2030.

Pour ce faire, il entend augmenter les exportations d'électricité dans les Maritimes, en Ontario et aux États-Unis, et commercialiser les technologies développées dans le cadre de son programme de recherche et développement.

Les acquisitions à l'étranger d'entreprises productrices et distributrices d'électricité feront aussi partie de la stratégie. Hydro-Québec s'était pourtant départie de ses actifs à l'étranger. Le nouveau patron voit grand. Un groupe de fusions et acquisitions a d'ailleurs été mis sur pied. La société d'État se donne ainsi la mission de doubler sa taille dans les 15 prochaines années pour devenir une entreprise de 27 milliards de dollars.

« J'ai l'impression d'être un mustang pris dans un enclos. On est capable de faire beaucoup plus. » — Éric Martel

Sur la question éolienne, Éric Martel mentionne que les besoins prévus en électricité ne se sont pas matérialisés et qu'il faut désormais trouver un moyen de rentabiliser les installations.

Transparence

La communication sera également l'une des pierres d'assise des changements à venir. « Il faut améliorer nos communications, comment on informe les gens, insiste le PDG. On doit devenir accessible. » Bien que critiquée, a-t-il reconnu, la récente campagne publicitaire Bienvenue chez nous vise à répondre à cet objectif.

Éric Martel a de plus réitéré sa promesse d'offrir plus de transparence. « Le modus operandi à l'interne, c'est que nous n'avons rien à cacher, a-t-il insisté. » L'un des exemples cités pour illustrer son propos : le taux de satisfaction de la clientèle. Si ce taux se trouvait au-delà de 90 % auparavant, il a chuté à 81 % en 2015.

Hydro-Québec en chiffres (2014)

  • 20 000 employés
  • 4,2 millions d'abonnés
  • 3 milliards de dollars versés au gouvernement du Québec
  • 3,8 milliards de dollars en investissements, ce qui en fait le plus grand investisseur du Québec
  • 13,2 milliards de dollars en vente d'électricité (y compris les exportations)
  • 4 millions d'appels par année

L'économie avec Gérald Fillion