Le gouvernement Trudeau plaide pour l'investissement massif à Davos

La Presse Canadienne
Les explications de Joyce Napier.

Alors que certains gouvernements misent sur l'élimination du déficit public avec des mesures d'austérité, les ministres canadiens présents à Davos vendent à qui mieux mieux une tout autre stratégie : investir massivement dans l'économie, par l'entremise des infrastructures, quitte à alourdir encore le déficit.

Présent au Forum économique mondial, dans les Alpes suisses, le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, a rappelé jeudi que les taux d'intérêt n'avaient jamais été aussi bas et que le taux d'endettement du Canada était peu élevé comparativement à d'autres pays, ce qui lui permettait d'investir considérablement.

M. Morneau a ajouté que certains de ses homologues d'autres pays croyaient aussi que c'était la bonne chose à faire en ce moment et qu'il était convaincu que cela aurait un impact positif pour les Canadiens.

Les libéraux avaient promis en campagne électorale un nouveau programme d'investissements dans les infrastructures, afin de relancer l'économie canadienne. Ces injections de fonds publics obligeaient le gouvernement fédéral à afficher des déficits maximaux de 10 milliards de dollars cette année et l'année prochaine.

Depuis son accession au pouvoir - et la chute persistante des prix du pétrole et du dollar canadien -, le gouvernement libéral a indiqué que ces déficits de 10 milliards par année constituent maintenant des « cibles » et non des plafonds.

Certains pays, particulièrement en Europe, ne disposent pas d'une marge de manoeuvre financière suffisante pour se permettre d'augmenter leur dette, explique l'auteur et journaliste américain Fareed Zakaria, qui a interviewé le premier ministre Justin Trudeau après son allocution de mercredi soir, à l'ouverture du Forum économique mondial.

« Plusieurs gouvernements occidentaux devraient augmenter leurs dépenses - on devrait moins opter pour l'austérité. Dans certains pays d'Europe, aux prises avec une dette élevée, c'est plus difficile, mais certainement pas en Amérique du Nord », a-t-il indiqué.

Michael Sabia, le patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec, estime de son côté que les gouvernements sont devenus trop dépendants de la politique monétaire. Les dirigeants devraient, selon lui, établir des stratégies plus larges, en remettant « l'accent sur l'économie réelle », ce qu'ils ne font plus depuis les turbulences des marchés financiers.

« On doit voir plus loin que les turbulences des marchés. C'est l'enjeu du moment, mais ce n'est pas le vrai enjeu.  » — Michael Sabia

L'économie avec Gérald Fillion