La Banque du Canada regarde l'avenir avec optimisme

Les explications de Gérald Fillion

La Banque du Canada maintient son taux directeur à 0,5 %. Mais l'institution révise tout de même à la baisse ses prévisions de croissance pour l'économie canadienne.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Avec la chute marquée du dollar canadien, les demandes pour un statu quo sur la question du taux directeur s'étaient multipliées ces derniers jours. La Banque du Canada a annoncé mercredi matin qu'elle ne le changera pas. Le taux, qui en environ un an est passé de 1 % à 0,5 %, demeurera ainsi le même pour les prochains mois au moins. Le gouverneur de la Banque du Canada estime qu'il faut être patient avant de constater concrètement les effets de cette baisse sur l'économie.

« Nous avons décidé que pour le moment on doit être patient et voir les effets de nos changements de l'année passée influencer le taux de croissance. » — Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada

Dans son plus récent rapport sur la politique monétaire canadienne publié mercredi, la Banque revoit les prévisions de croissance du PIB canadien. Initialement prévue à 2 % pour 2016, cette prévision est désormais évaluée à 1,4 %. Pour 2017, la Banque fait passer ses prévisions de 2,5 à 2,4 %.

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Prix du pétrole

Il n'y a pas que la chute du huard qui a marqué l'actualité économique au Canada ces derniers mois, celle du prix du pétrole aussi.

Si à court terme la Banque convient que les prix mondiaux du pétrole devraient rester faibles, l'institution semble davantage optimiste à moyen terme.

Comme les investissements pétroliers ont fortement diminué depuis la fin de 2014, la croissance de la demande pourrait ne pas être satisfaite dans l'avenir, ce qui exercerait des pressions à la hausse sur les prix et favoriserait un retour des investissements dans le secteur, précise le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada.

La Banque estime que, malgré la chute de l'activité dans le secteur des ressources naturelles, des perspectives intéressantes peuvent être perçues dans d'autres secteurs de l'économie.

Ainsi, la Banque s'attend à ce que « le raffermissement de la demande aux États-Unis et la dépréciation du dollar canadien » favorisent les exportations et le processus de réorientation de l'économie canadienne vers des secteurs d'activité autres que celui de l'exploitation des hydrocarbures. Mais l'institution reconnaît qu'il s'agit d'un « long processus ».

Dans l'attente d'un budget fédéral

Les constats et les prévisions auxquels fait référence la Banque du Canada dans son rapport ne prennent pas en considération les mesures économiques et fiscales qui pourraient être adoptées dans le prochain budget.

N'empêche, le gouverneur de la Banque du Canada s'attend à ce que le budget contribue à modifier les prévisions annoncées aujourd'hui. Il note entre autres que le gouvernement Trudeau a énoncé clairement qu'il voulait investir pour stimuler l'économie.

« Je me bornerai à dire que si nous intégrions de nouvelles mesures de relance budgétaire dans cette projection aujourd'hui, l'écart de production se résorberait plus tôt que prévu », a expliqué Stephen Poloz. Mais tant que le budget n'est pas rendu public, le gouverneur ne veut pas faire d'hypothèse sur ses effets sur la croissance.

La date de la présentation de l'exercice budgétaire, en prévision duquel de nombreux représentants du gouvernement Trudeau mènent actuellement des consultations, est toujours inconnue. Peu importe quand sera dévoilé le budget, la Banque du Canada doit faire une mise à jour sur son taux directeur le 9 mars.

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