Les PDG les mieux payés gagnent en quelques heures le salaire annuel moyen d'un travailleur

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
John Chen, le PDG le mieux rémunéré du Canada en 2014. John Chen, le PDG le mieux rémunéré du Canada en 2014.  Photo :  Bloomberg

En 2014, les 100 PDG les mieux rémunérés du Canada gagnaient le salaire moyen annuel d'un Canadien en une journée et demie, selon une étude du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA).

Le CCPA, un organisme de recherche de gauche, a révélé lundi que, bien que le salaire de ces hauts dirigeants ait diminué de 2 % en 2014, il a augmenté de 25 % entre 2008 et 2013.

Le salaire annuel moyen des Canadiens (48 636 $) a, pour sa part, augmenté deux fois moins vite durant la même période.

La rémunération moyenne annuelle des 100 PDG les mieux rémunérés du Canada était de 8 960 000 $ en 2014.

Voici un aperçu des 5 PDG canadiens les mieux rémunérés, en se basant sur le salaire de base, les primes, les actions, les options d'achat d'actions, le régime de retraite et les autres formes de rémunération.

1. John Chen, de BlackBerry : 89 715 019 $
2. Donal Walker, de Magna International : 23 417 274 $
3. Gerald Schwartz, de Onex corporation : 21 135 946 $
4. Hunter Harrison, de Canadian Pacific Railway : 17 632 169 $
5. Mark Thierer, de Catamaran Corp : 16 330 467 $

Seules deux femmes font partie de la liste, soit Linda Hasenfratz, de Linamar Corp, et Dawn Farrell, de TransAlta Corp.

Dans son étude qu'il dévoile annuellement, le CCPA souligne également que la rémunération globale de ces 100 chefs de direction totalisait 896 millions de dollars en 2014.

Selon le CCPA, une augmentation du taux d'imposition du salaire de ces grands dirigeants d'entreprises canadiennes permettrait de mieux financer les services publics. 

Un montant vite dépensé, selon l'IEDM 

De son côté, l'Institut économique de Montréal (IEDM), un organisme de recherche de droite, rétorque que le salaire des 100 PDG les mieux payés du Canada permettrait de financer le gouvernement canadien pendant seulement 10 heures.

Ainsi, l'IEDM a démontré que la totalité de la rémunération des 100 PDG (896 millions de dollars), représente seulement 0,13 % des recettes des administrations publiques canadiennes, qui se chiffrent à 720 milliards de dollars.

Au cours d'une entrevue lundi avec La Presse Canadienne, Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l'IEDM, a dit trouver cette étude « superflue », ajoutant qu'elle ne sert qu'à « susciter l'envie ».

« Il y a un débat légitime à tenir concernant la rémunération des dirigeants des grandes entreprises, mais celui-ci porte sur la gouvernance des entreprises et la capacité des actionnaires à voir leur point de vue à ce sujet bien reflété dans les décisions des conseils d'administration. » — Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l'IEDM

Il affirme ne pas s'opposer, cependant, à un débat sur la rémunération des hauts dirigeants par rapport aux résultats financiers de l'entreprise.

M. Kelly-Gagnon trouve cependant inutile de faire des liens entre la rémunération de ces 100 chefs de direction, les déficits des provinces et le financement des programmes sociaux, tel que le fait le CCPA. 

L'économie avec Gérald Fillion