Les petits studios de jeux vidéo se sentent négligés par Québec

Le reportage de Louis-Philippe Ouimet

Alors que les géants des jeux vidéo Ubisoft et Warner Bros reçoivent d'importantes subventions de Québec, les petits studios indépendants se sentent négligés et réclament eux aussi leur part du gâteau.

Par exemple, Simon Darveau a quitté Ubisoft et un salaire de 120 000 $ par année pour fonder son propre studio, Spearhead Games. Un an plus tard, toutes ses économies ont fondu dans Tiny Brains, son premier jeu.

Spearhead Games, qui a pignon sur rue à Montréal, a reçu un prêt de 1 million de dollars du Fonds des médias canadiens. Mis à part les crédits d'impôt, l'entreprise n'a pas reçu un sou de Québec.

« C'est l'argent du contribuable, Ubisoft et Warner Bros sont plus payants qu'une entreprise de douze employés, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas aider les petites entreprises, parce que, peut-être, elles vont devenir grosses », explique Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec.

Les gros studios installés à Montréal appartiennent à des entreprises étrangères. Mais au Québec, on rêve d'un Cirque du Soleil du jeu vidéo. « Si on croit effectivement que de développer la propriété intellectuelle ici au Québec c'est important, il faudra donner un crédit plus généreux pour ce genre de chose là », estime Daniel Denis, économiste et associé chez KPMG-Secor.

Chez Behavior interactif, on croit qu'en investissant dans les studios d'ici, les dividendes sont importants. « Contrairement aux studios internationaux qui vont et qui viennent, nous on pense que les petits studios s'enracinent mieux dans l'écosystème », avance Marc Petit, co-président-directeur général de l'entreprise.

Selon l'ancienne ministre des Finances du Québec, les derniers gouvernements du Québec, qu'ils soient formés par le PLQ ou le PQ, ont été plus généreux que ses voisins en matière de subventions aux entreprises.

« Et pourtant, on n'est pas les champions dans ces secteurs-là [...] Rappelons-nous que parfois, ce n'est pas aussi payant qu'on le pense », nuance-t-elle.

Mais Simon Darveau croit que Québec rate une belle occasion d'affaires en ne subventionnant pas les petits studios indépendants. « Ils vont le faire parce que c'est le futur, les indies créent une nouvelle vague. Tôt ou tard on va être sur leur radar parce que ça va être bon pour eux », juge-t-il.

Pour Spearhead Games, ça passera ou ça cassera le 15 novembre, jour de sortie de la nouvelle console de jeux de Sony et de son jeu, Tiny Brains.

D'après un reportage de Louis-Philippe Ouimet

L'économie avec Gérald Fillion