Crise budgétaire : Obama évoque le risque de profonde récession

Radio-Canada avec Reuters
Le reportage de Joyce Napier

Au huitième jour de la paralysie de l'appareil gouvernemental américain, le président Barack Obama y est allé d'une mise en garde solide, mardi, affirmant que le plafond de la dette devra être relevé, faute de quoi le pays courra des risques de sombrer dans une profonde récession.

Barack Obama a laissé planer la possibilité que les Américains voient leur épargne-retraite et la valeur de leur maison plonger, et les taux d'intérêts de leur prêt hypothécaire et de leur prêt-étudiant bondir. Et ce, à un moment où se prépare la pire récession que nous puissions connaître, a déclaré le président en substance.

« Mettons un terme au blocage budgétaire », a sommé le président américain en ajoutant que la crise actuelle « n'était pas nécessaire ». Barack Obama a tenu à présenter ses excuses au peuple américain qui doit composer avec cette situation.

Les élus américains ont jusqu'au 17 octobre pour relever le niveau d'endettement maximal du pays et éviter un défaut de paiement.

En guise de réplique, le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, a déclaré qu'il avait eu le matin même une conversation « plaisante » avec le président Obama, mais qu'il était déçu que ce dernier eut refusé de négocier pour dénouer l'impasse budgétaire et pour relever le plafond de la dette.

Une guerre des nerfs pour les investisseurs

Une fois de plus, les marchés ont subi les contrecoups de l'incertitude créée par l'impasse budgétaire aux États-Unis. Mardi, les principaux indices boursiers en Amérique du Nord ont accusé des reculs notables :

  • Le Dow Jones a perdu 160 points
  • Le Nasdaq Composite a perdu 76 points
  • Le Standard & Poor's 500 a perdu 21 points

  • À Toronto, le TSX s'est délesté de 96 points
  • Et le dollar canadien a clôturé en baisse à 0,96 $US

Fait à noter, à Chicago, l'indice de volatilité du CBOE (VIX), dit « indice de la peur », a fini en hausse de près de 5 % mardi. Il s'agit de son plus haut niveau depuis
le 20 juin.

Une occasion d'affaires ratée

Le président Obama a rappelé qu'il avait dû annuler « d'importantes rencontres » prévues en Asie, en raison de la situation qui prévaut dans le pays. « J'aurais dû être là », a-t-il déploré. 

Cette annulation « affaiblit la crédibilité des États-Unis dans le monde », estime Barack Obama. Ce dernier a fait valoir que la Chine et d'autres créanciers dans le monde ne font pas qu'écouter ce que dit le président des États-Unis; ils observent également ce que fait le Congrès.

« Ils veulent faire des affaires avec nous, ils admirent notre économie [...], ils veulent que nous travaillions avec eux. Cela n'a pas aidé que je ne sois pas là pour négocier un accord commercial qui nous aurait ouvert les portes de ce marché. » — Barack Obama, parlant de la réaction de la Chine à l'annulation du voyage qu'il devait effectuer en Asie

Depuis le début du mois, tous les services fédéraux sont suspendus en raison du désaccord qui oppose les républicains aux démocrates. Majoritaires à la Chambre des représentants, les républicains réclament des concessions sur la réforme de la santé de Barack Obama, l'« Obamacare », avant de financer de nouveau les services fédéraux.

Lundi, après sept jours d'impasse, de timides signes d'ouverture sont parvenus tant du Congrès que de la Maison-Blanche sur le budget fédéral et le plafond de la dette. Marquant une légère évolution dans son discours, le président Obama se dit maintenant prêt à discuter de sa réforme de santé, mais seulement une fois que le Congrès aura voté des mesures pour relancer les services fédéraux.

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