Québec veut investir 2 milliards pour stimuler l'économie

Le reportage de Maxime Bertrand

La première ministre Pauline Marois a présenté lundi après-midi la nouvelle politique économique du gouvernement du Parti québécois.

La nouvelle politique économique, dont les grands axes ont été rapportés plus tôt par Radio-Canada, met l'accent sur l'emploi présenté comme la priorité de l'exécutif péquiste.

Québec s'engage, avec sa politique économique « Priorité emploi », à créer 43 000 emplois additionnels d'ici 2017. Ils s'ajoutent à ceux déjà prévus pour la même période. Au total donc, Québec vise la création de 115 000 emplois.

Pour y arriver, le gouvernement québécois compte sur des mesures budgétaires et fiscales atteignant près de 2 milliards de dollars d'ici 2017 :

  • 580,7 millions de dollars pour la création d'emplois;
  • 708,8 millions de dollars pour encourager les entreprises performantes;
  • 82 millions de dollars pour stimuler les exportations;
  • 516,1 millions de dollars pour l'électrification des transports;
  • 111,5 millions de dollars pour promouvoir la rénovation verte.

Limitation des dépenses et création d'emplois

« Dans les 30 derniers jours seulement, le gouvernement a annoncé plus de 25 interventions financières majeures qui ont totalisé 100 millions de dollars. Ces investissements ont permis de soutenir des projets de plus d'un milliard de dollars et entraîner la création ou la consolidation de plus de 1800 emplois au Québec », a rappelé Pauline Marois en conférence de presse.

« Nous avons limité nos dépenses à 1,9 % », a souligné la première ministre.

« Pour la première fois depuis dix ans, le gouvernement du Québec respecte ses cibles budgétaires. » — La première ministre Pauline Marois

En plus de cela, Québec propose quatre « mesures phares » pour créer des emplois à court terme :

  1. Utiliser les surplus d'électricité pour générer des investissements privés et créer des emplois dans toutes les régions du Québec
  2. Accélérer les investissements publics prêts à démarrer pour moderniser les écoles et les infrastructures de sport et de loisir
  3. Stimuler les investissements des particuliers et des entreprises
  4. Poursuivre les investissements dans les infrastructures du Nord

Québec estime que sa politique permettra l'injection de 13 milliards de dollars d'investissements dans l'économie d'ici dix ans.

Pour Mme Marois, la politique économique de son gouvernement « repose sur une vision d'avenir », « dotée de moyens ambitieux ». Ses impacts, insiste la première ministre, vont profiter à l'ensemble des régions du Québec et cela pour très longtemps ».

Un programme électoral?

En conférence de presse au terme de son discours, Pauline Marois a indiqué que sa politique économique n'était pas un projet conçu « sur le coin d'une table » pour les besoins d'une campagne électorale.

Elle a tenu à préciser que toutes les mesures phares peuvent être mises en application dès maintenant.

« Les actions engagées doivent permettre au Québec de consacrer plus de 3 % du PIB aux investissements en R. & D., de dépasser la moyenne canadienne pour la croissance de la productivité du travail, de faire en sorte que les exportations dépassent 55 % du PIB et de développer au Québec une filière forte et performante dans le domaine de l'électrification des transports. » — Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l'Économie

Des dépenses réparties sur quatre ans

En entrevue à RDI Économie, le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau, a donné quelques détails sur la façon dont le gouvernement compte financer ces mesures, tout en soulignant qu'il gardait le cap sur l'équilibre budgétaire.

« Les 2 milliards seront étalés sur 3 ans et demi, et là-dessus, 700 millions vont provenir du fonds vert et du fonds pour l'électrification des transports, qui avaient été créés. Par ailleurs, 1,3 milliard correspond à des dépenses supplémentaires ou à des dépenses fiscales, qui découlent de crédits d'impôt », dit-il.

« L'impact immédiat pour [l'exercice financier] 2013-2014 est très faible, soit 32 millions de dollars. Pour les trois années suivantes, l'impact est plus important, soit quelques centaines de millions », ajoute-t-il.

L'entrevue d'Anne-Marie Dussault avec le ministre Nicolas Marceau

Concernant les surplus d'électricité, le ministre Marceau a souligné l'importance de les utiliser pour stimuler l'économie du Québec.

« On a 50 térawatts-heure, une quantité considérable d'énergie, disponible sur les 10 prochaines années. On veut s'en servir pour attirer les entreprises qui sont de grandes consommatrices d'énergie et qui vont investir, créer des emplois, de la richesse. Ces entreprises se verraient offrir un tarif qui est initialement plus avantageux que le tarif L [consommateurs grande puissance], mais à mesure que le temps passe, après 10 ans, il y aurait un retour au tarif régulier », explique le ministre à l'émission 24 heures en 60 minutes.

Le ministre Marceau reconnaît par ailleurs que la situation économique du Québec ainsi que celle des États-Unis et du Canada en général, tarde à s'améliorer. « C'est très morose à l'échelle mondiale, et on exporte la moitié du PIB à l'extérieur du Québec, évidemment, ça a un impact sur nous ». Selon lui toutefois, la politique économique contient à la fois des mesures pour stimuler l'économie à court terme et à long terme, ce qui favorise une reprise durable.

 

En complément

L'économie avec Gérald Fillion

Facebook