L'électrification, fer de lance de la politique énergétique du Québec

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Les explications de Philippe-Antoine Saulnier

La ministre des Ressources naturelles du Québec, Martine Ouellet, a dévoilé les détails entourant la Commission sur les enjeux énergétiques, jeudi, à Montréal.

Normand Mousseau, professeur au département de physique à l'Université de Montréal, et Roger Lanoue, ancien vice-président à la planification stratégique et au développement des affaires chez Hydro-Québec, où il a oeuvré pendant plus de 20 ans, en sont les coprésidents. Ils effectueront une série de consultations publiques, dans toutes les régions du Québec, du 4 septembre au 9 octobre, en vue de préparer une politique de développement énergétique l'an prochain.

« Cette nouvelle politique énergétique s'inscrira dans une perspective de réduction des gaz à effet de serre. Nous voulons faire de l'énergie un puissant levier de développement économique et social pour le Québec. Avec l'électrification des transports, nous développerons un tout nouveau secteur économique qui permettra une diminution importante des gaz à effet de serre au Québec », a précisé Mme Ouellet.

Québec voudrait faire de l'électrification des transports un secteur de pointe comme l'aéronautique et le multimédia.

Si la politique veut favoriser la production d'énergies renouvelables et diminuer la consommation de combustibles fossiles, la ministre fait cependant valoir que les importations de pétrole du Québec justifient d'explorer « le potentiel et l'exploitation du pétrole ».

Le gaz de schiste nuisible à Hydro-Québec

Abordant la question du gaz de schiste, sous le coup d'un moratoire pour l'évaluation de ses impacts, la ministre des Ressources naturelles a affirmé que ce carburant nuisait aux tarifs d'exportations d'Hydro-Québec, puisque le prix de l'hydro-électricité est apparié à celui du gaz naturel.

Pour Martine Ouellet, « une grande quantité de gaz naturel mis sur le marché américain a fait chuter les prix de façon importante ».

En ajouter davantage avec les réserves québécoises contribuerait à augmenter cet effet négatif sur les exportations québécoises, a-t-elle ajouté.

Québec partage les préoccupations américaines

La ministre des Ressources naturelles a affirmé partager les préoccupations du président américain concernant les risques de hausse des gaz à effet de serre liés aux projets d'oléoducs.

Tout en reconnaissant que les projets d'oléoducs qui pourraient amener du brut albertain au Québec risquent de créer plus de pollution, Mme Ouellet a souligné les avantages économiques du projet d'Enbridge pour les raffineries montréalaises, si elles avaient accès au pétrole albertain.

L'économie avec Gérald Fillion