Le pari de la retraite : avons-nous les moyens?

21 recommandations pour « pérenniser le système de retraite »

Alban D'amours en conférence de presse, mercredi Alban D'amours en conférence de presse, mercredi

Dans son rapport déposé mercredi, le comité d'experts sur l'avenir du système de retraite québécois fait plusieurs recommandations pour assurer la sécurité financière à la retraite, dont la création d'un nouveau régime à prestations déterminées pour tous les travailleurs québécois.

Le comité d'experts, présidé par l'ancien dirigeant du Mouvement Desjardins, Alban D'Amours, a rendu public mercredi après-midi son rapport intitulé « Innover pour pérenniser le système de retraite. » Après 18 mois de travail, le comité d'experts propose, à travers 21 recommandations, des solutions aux problèmes de viabilité des régimes de retraite actuels. Ces recommandations devraient donner aux travailleurs québécois les moyens de se constituer des revenus de retraite suffisants et réalistes, selon le Comité.

Sur les 21 recommandations, 15 visent à renforcer les régimes de retraite à prestations déterminées. Le comité, qui considère qu'ils constituent la meilleure sécurité financière à la retraite, souhaite assurer leur pérennité et leur viabilité. Globalement, le comité suggère de nouvelles règles de financement pour ces régimes, plus de flexibilité au niveau du partage des coûts entre les participants et les employeurs et une réflexion sur les bénéfices autres que la rente de base pour qu'ils soient adaptés aux nouvelles réalités démographiques et économiques.

Lire aussi : Politiciens, syndicats et employeurs prennent acte du rapport D'Amours

Le comité recommande notamment que tous les régimes de retraite placés sous la surveillance de la Régie des rentes du Québec soient assujettis à des règles de financement identiques. Tous les régimes devraient être évalués selon une méthode appelée capitalisation améliorée, qui s'inspire du principe de continuité. Elle permettra de financer les régimes en s'approchant de la réalité financière, dit le comité.

En ce qui concerne le partage des coûts entre participants et employeurs, pour les régimes dont l'employeur est public, les experts croient qu'il faut rendre obligatoire un partage du coût de service courant à 50-50.

Pour restructurer les régimes de retraite, le comité propose de permettre la restructuration durant une période de cinq ans et que cette restructuration fasse l'objet de négociations ou de consultations auprès des participants. La rente de base ne pourrait toutefois être réduite.

Dans un autre volet, le comité recommande par ailleurs la création d'une rente de longévité, un nouveau régime à prestations déterminées obligatoire, pour tous les travailleurs québécois. Tous les cotisants recevraient à partir de 75 ans une rente administrée par la Régie des rentes et dont les fonds seraient gérés par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Cette nouvelle rente longévité serait financée à parts égales par les employeurs et les salariés. Le coût total du régime serait de 3,3 % du salaire du travailleur jusqu'à concurrence du maximum des gains admissibles, soit 51 100 $ en 2013. Selon le comité, la rente longévité permettra de gérer collectivement le risque qu'une personne vive plus longtemps que la période couverte par son épargne-retraite.

« Nous avons la conviction profonde qu'un régime à prestations déterminées est un des régimes solides pour garantir cette sécurité financière à la retraite et nous sommes tellement convaincus que nous proposons d'en offrir un à 4 millions de travailleurs, soit la rente longévité », a affirmé Alban D'Amours lors de son allocution.

Finalement, le comité souligne que l'épargne personnelle doit continuer de jouer son rôle et propose des mesures pour inciter les travailleurs à épargner davantage. Les recommandations visent à favoriser une utilisation optimale de l'épargne-retraite entre le retrait du marché du travail et 75 ans.

Le comité suggère d'augmenter la flexibilité des régimes à cotisation déterminée et permettre le versement de prestations variables à l'intérieur du même régime. Le comité suggère par ailleurs de mettre en oeuvre une proposition améliorée concernant la mise en place de régimes volontaires d'épargne-retraite, notamment en encadrant la surveillance des frais et leur divulgation par la Régie des rentes du Québec.

Le comité ne formule par ailleurs aucune recommandation visant directement l'âge de la retraite. Il considère que les citoyens devraient rester libres de définir l'âge de leur départ à la retraite. Le comité d'experts dit s'être appuyé sur des valeurs de transparence, de responsabilisation des personnes et d'équité intergénérationnelle pour émettre ses recommandations.

Rappelons que le comité d'experts présidé par Alban D'Amours présente ses recommandations après avoir reçu 37 mémoires et 22 groupes lors des audiences sur l'avenir des régimes de retraite.

Le gouvernement Marois a déjà annoncé qu'il avait l'intention de mettre en place une commission parlementaire pour revoir l'ensemble du régime de retraite.

En complément

Ailleurs sur le web Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes.

info en continu

L'économie avec Gérald Fillion

Facebook