Air Canada doit faire de l'entretien à Montréal, tranche la Cour

Le reportage d'Émilie Dubreuil

Le transporteur Air Canada a l'obligation de conserver ses activités d'entretien de ses appareils dans la métropole québécoise, a tranché la Cour supérieure du Québec. Air Canada portera cette décision en appel.

Dans une décision rendue publique lundi, le juge Martin Castonguay se range ainsi du côté du gouvernement du Québec. Le gouvernement avait déposé une requête en justice, en avril dernier, à la suite de la fermeture d'Aveos, une ancienne composante d'Air Canada.

Alors ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier avait demandé à la Cour supérieure quelle était son interprétation de la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada. La loi oblige l'entreprise, privatisée en 1988, à « maintenir les centres d'entretien et de révision dans les villes de Winnipeg et Mississauga et dans la Communauté urbaine de Montréal ».

À la suite de la publication du jugement, la réaction d'Air Canada ne s'est pas fait attendre : le premier transporteur au pays en appellera.

Rappelons que, dans la foulée de la fermeture d'Aveos, 2600 travailleurs avaient perdu leur emploi, dont 1800, à Montréal.

Lundi, le représentant des syndiqués montréalais a qualifié de « petit baume » la décision de la Cour supérieure. Maxime Nicole, président de la section montréalaise du syndicat de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleur de l'Aérospatiale (AIMTA), estime qu'il s'agit « d'un premier pas vers un règlement en faveur des travailleurs ».

Pour Mehran Ebrahimi, professeur au Département de management et technologie de l'UQAM, Air Canada se comporte comme une entreprise « délinquante », qui « tente de contourner les lois et les règles ».

Mehran Ebrahimi soutient que les difficultés financières d'Aveos ont commencé lorsqu'Air Canada lui a confié moins de contrats. Air Canada étant le principal client d'Aveos, l'entreprise a fini par faire faillite, explique Mehran Ebrahimi : « Air Canada prétend avoir fait ce qu'il fallait pour renforcer les liens avec Aveos, mais, en réalité, ce n'est pas ça. Sur le plan économique, on savait qu'il s'agissait d'une décision aberrante de laisser tomber Aveos. C'était plusieurs milliers d'emplois importants. Et, aujourd'hui, on vient dire qu'au plan juridique non plus, cette décision n'est pas valable ».

L'économie avec Gérald Fillion

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