Budget fédéral 2013

De nouvelles critiques du directeur parlementaire du budget

Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page  Photo :  PC/Sean Kilpatrick

Alors que les services de première ligne encaissent les compressions du gouvernement conservateur, les dépenses administratives, elles, ne cessent de croître, indique un rapport du directeur parlementaire du budget (DPB), Kevin Page, publié jeudi.

Cette situation est contraire aux promesses que formulait l'an dernier en déposant son budget le ministre des Finances, Jim Flaherty, qui avait soutenu que 70 % des réductions de dépenses, qui totalisaient 5,2 milliards de dollars, toucheraient les frais d'administration et de soutien, et qu'elles n'affecteraient pas les services à la population.

Afin d'en arriver à ses conclusions, le DPB a étudié les dépenses gouvernementales entre avril et septembre 2012, en prenant également en compte les projections.

De façon globale, Ottawa a dépensé 800 millions de moins que prévu au cours des six premiers mois de l'année financière qui prend fin le 31 mars.

Les montants alloués directement aux programmes ont diminué de 4 %, en grande partie grâce à la suppression de quelque 11 000 postes de fonctionnaire au cours de la première moitié de l'année.

Toutefois, les dépenses consacrées aux services internes, comme les ressources humaines, les communications, les technologies de l'information et la gestion financière, ont bondi de 8 %, pour atteindre 5,3 milliards de dollars.

« L'augmentation soutenue des dépenses en services internes donne à penser que la croissance des coûts indirects n'a pas ralenti, comme le laissaient entendre les budgets de 2010 à 2012, et que les mesures de compression ont surtout entraîné une réduction des dépenses dans les services de première ligne », peut-on lire dans le rapport.

Par ailleurs, les dépenses en immobilisation ont enregistré une augmentation de près de 7 % au cours de la première moitié de l'année financière 2012-2013. Cette hausse est attribuable en grande partie à l'augmentation des dépenses au ministère de la Défense nationale.

Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, dont le mandat de cinq ans viendra à échéance ce printemps, a mis en doute en novembre dernier les propos du ministre des Finances voulant que l'essentiel des économies gouvernementales concerne les services administratifs gouvernementaux. Il a alors cité des rapports ministériels qui indiquaient que seulement 15 % des économies prévues seraient réalisées grâce à des coupes dans les services internes.

Le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, qui est responsable de la supervision des mesures d'austérité, avait soutenu que M. Page avait tort, et il l'a fait de nouveau jeudi.

« Ce rapport sous-estime les économies provenant de l'efficacité des activités, car il n'inclut pas toutes les mesures d'économie en matière de services administratifs », a écrit dans un courriel Matthew Conway, porte-parole de M. Clement. « Ces économies seront mises en place sur une période de trois ans, alors elles ne seront pas dans les projections avant 2014-2015 ».

Le plus récent rapport du DPB se conclut avec une nouvelle note sur le manque de transparence du gouvernement. M. Page y inscrit que « les ministères et les organismes fédéraux n'ont encore présenté aux parlementaires et aux Canadiens aucun plan de dépenses conforme au budget de 2012 », et que « pour cette raison, il est difficile d'évaluer si les changements substantiels dans les dépenses sur 12 mois sont attribuables à des réductions de dépenses/éliminations de programmes ou à d'autres facteurs ».

Info en continu Afficher le fil complet

L'économie avec Gérald Fillion

Facebook