Scandale du Libor : l'ex-patron d'UBS affirme être sans tache

Radio-Canada avec Reuters
La banque suisse UBS, dans le coeur financier de Londres. La banque suisse UBS, dans le coeur financier de Londres.  Photo :  AFP/CARL COURT

L'ancien patron de la banque suisse UBS, Marcel Rohner, a nié devant des parlementaires britanniques, jeudi, être coupable de n'avoir pas réussi à repérer les manipulations du taux interbancaire Libor faites par sa banque. De son côté, Jerker Johansson, qui a dirigé la banque d'investissement d'UBS pendant plus d'un an à partir de 2008, a admis que la direction avait fait preuve de négligence dans ce dossier.

Devant une commission parlementaire sur les normes bancaires, Marcel Rohner a déclaré qu'il avait été « choqué » et « honteux » d'apprendre l'implication d'UBS dans le scandale du Libor, mais a ajouté qu'il était occupé à l'époque à sauver la banque de l'effondrement et qu'il n'était pas au courant de ces agissements.

« J'ai fait du mieux que j'ai pu », a-t-il dit.

M. Rohner a également déclaré, avec trois autres ex-dirigeants de la banque, avoir entendu parler de l'implication d'UBS dans le scandale seulement en 2011, en lisant la presse.

Les parlementaires britanniques ont critiqué les quatre dirigeants pour leur « ignorance ahurissante ».

UBS s'est vu infliger une amende de 1,5 milliard de dollars pour la manipulation du taux interbancaire Libor. Barclays a versé une amende de 453 millions de dollars l'an dernier pour cette affaire.

Qu'est-ce que le Libor?

Le Libor (London Interbank Offered Rate) est un taux moyen de référence qui indique ce que les banques doivent payer lorsqu'elles empruntent de l'argent entre elles. L'indice influe aussi sur le coût de nombreuses transactions financières et de prêts commerciaux et individuels, et ce, dans le monde entier. Le Libor est calculé chaque jour en se basant sur les taux qu'un échantillon de 16 banques affirme devoir payer pour emprunter.

Le Libor a été manipulé de 2005 à 2009, la douzaine de banques impliquées ayant d'abord soumis des taux d'emprunts à la hausse de manière à faire gonfler leurs profits, pour ensuite, pendant la crise financière, soumettre des taux faussement bas pour faire croire que les prêteurs avaient confiance dans les banques concernées.

Pour en savoir davantage, consultez notre article Barclays : le scandale des taux manipulés expliqués.

L'économie avec Gérald Fillion

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