Hypothèques à risque : Bank of America payera 10 milliards à Fannie Mae

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le siège social de Bank of America, à Charlotte en Caroline du Nord

Bank of America devra payer plus de 10 milliards de dollars américains à la société de refinancement hypothécaire Fannie Mae dans le cadre d'une entente annoncée lundi sur des prêts hypothécaires à risque transigés avant la crise financière de 2008.

L'institution financière versera 3,6 milliards de dollars à Fannie Mae et lui rachètera pour 6,7 milliards de dollars certains des prêts qu'elle et sa filiale Countrywide ont vendus au groupe.

Bank of America a fait l'acquisition de Countrywide en juillet 2008, tout juste avant la crise financière. Countrywide était un géant du prêt hypothécaire, aussi reconnu pour l'approbation de prêts à haut risque.

La banque essuiera certaines charges, mais s'attend tout de même à des résultats « modestement positifs » au quatrième trimestre.

« Fannie Mae a cherché activement à obtenir le rachat de prêts qui ne répondaient pas à ses normes au moment où ils ont été émis et nous sommes heureux d'être parvenus à un accord approprié », a affirmé le directeur juridique de Fannie Mae, Bradley Lerman.

En octobre dernier, le gouvernement américain a porté plainte contre Bank of America, ainsi que sa filiale Countrywide, l'accusant de fraudes ayant coûté 1 milliard de dollars aux organismes de refinancement immobilier parapublics Fannie Mae et Freddie Mac.

Washington soutenait que la banque avait menti à ces organismes pendant plusieurs années sur la qualité des prêts qu'elle leur vendait.

La plainte affirme notamment que, depuis 2007 au moins et jusqu'à 2009, l'émetteur de prêts hypothécaires Countrywide a mis en place un système de traitement des nouveaux prêts conçu intentionnellement pour traiter les prêts rapidement et sans les contrôles sur la solvabilité des emprunteurs.

Washington a aussi entamé des poursuites contre 16 autres banques et institutions financières pour les mêmes raisons.