Quel avenir pour SNC-Lavalin?

Pierre Duhaime, à droite L'ancien PDG de SNC-Lavalin Pierre Duhaime, à droite

L'arrestation de l'ex-PDG de SNC-Lavalin Pierre Duhaime, soupçonné de complot de fraude, fraude et usage de faux, ternit la réputation de la firme d'ingénierie montréalaise, ce qui pourrait éventuellement nuire à sa santé financière. Tant que des soupçons pèseront contre l'entreprise, des clients pourraient lui préférer des concurrents.

Pour l'instant, rien ne laisse croire que ces allégations ont fait fuir les clients de SNC-Lavalin. Les résultats financiers des deux derniers trimestres témoignent du maintien du carnet de commandes, dont la valeur s'élevait à 9,9 milliards de dollars à la fin de septembre 2012, contre 10,1 milliards à la fin de décembre 2011.

Par contre, si l'entreprise devait perdre la confiance de ses partenaires d'affaires au Québec, l'impact sur les résultats financiers pourrait être important. Selon plusieurs experts, SNC-Lavalin réalise entre 10 % et 15 % de son chiffre d'affaires mondial dans la province.

Les revenus de SNC-Lavalin se sont élevés l'an dernier à 7,2 milliards de dollars. Fondée en 1911, l'entreprise est présente sur la scène internationale depuis plus de 40 ans et compte aujourd'hui 28 100 employés dans le monde, dont près de 6000 au Québec.

En début d'après-midi jeudi, le titre de SNC-Lavalin (TSX:SNC) perdait un peu moins de 3 % à environ 39 $ à la Bourse de Toronto.

Mercredi, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a arrêté Pierre Duhaime pour une fraude présumée qui serait en lien avec le Centre universitaire de santé McGill, le CUSM. Il a été remis en liberté en soirée en attendant de comparaître le 11 février prochain.

SNC-Lavalin a refusé de commenter l'arrestation de son ancien PDG, tout en indiquant qu'elle continuera à coopérer avec les autorités. La multinationale a aussi dit considérer comme très importante la conduite éthique en affaires.

Réputation internationale

La réputation de SNC-Lavalin n'a pas été ternie qu'au Québec. En Europe, les enquêtes menées par les autorités suisses ont mis en lumière certaines pratiques douteuses au sein de l'entreprise.

Une enquête en cours au Bangladesh a également attiré l'attention sur des pots de vin qu'aurait versé l'entreprise dans le but d'obtenir un contrat pour la construction d'un pont. La Banque mondiale a d'ailleurs annulé le prêt de 1,2 milliard de dollars qui avait été consenti pour ce projet, et l'institution a temporairement écarté la filiale de SNC-Lavalin des appels d'offres sur ses nouveaux projets.

Entre temps, les actionnaires de SNC-Lavalin réclament le remboursement de la prime de départ de 4,9 millions de dollars qui a été versée à Pierre Duhaime au printemps. Ils espèrent récupérer une partie des pertes qu'ils ont subies en bourse à la suite de révélations au sujet de paiements frauduleux. L'action de SNC-Lavalin a perdu plus du tiers de sa valeur depuis son sommet établi au début de 2012.

Des poursuites sont toujours en cours contre l'entreprise. En septembre, un juge ontarien a approuvé une demande de recours collectif de 1 milliard de dollars contre l'entreprise. Une poursuite similaire de 250 millions a également été déposée en mars au Québec.