Québec appuie les partenariats public-privé dans le pharmaceutique

Recherche pharmaceutique

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, a confirmé la création d'un consortium de recherche en biopharmaceutique dans lequel centres de recherche, universités et sociétés pharmaceutiques travailleraient ensemble dans un même laboratoire, l'Institut NéoMed.

Québec octroie une contribution non remboursable de 8 millions de dollars, déboursée sur deux ans, et un prêt sans intérêt de 20 millions de dollars, réparti sur cinq ans, pour la création de ce nouveau centre de recherche misant sur les partenariats public-privé.

Les pharmaceutiques AstraZeneca et Pfizer sont notamment impliquées financièrement dans le projet.

Le gouvernement s'engage également à contribuer au financement des projets de recherche à l'aide d'une enveloppe de 125 millions de dollars, annoncée dans le budget de mardi. Le but est de développer des molécules qui seront par la suite vendues à des entreprises capables de les transformer en médicament.

« Ça va dans le sens qu'on souhaitait, en ce sens qu'on souhaite que ce soit un secteur qui se développe, qui a toujours été une de nos forces », affirme Jacques Gagné, vice-président du conseil d'administration de Montréal InVivo.

L'institut NéoMed occupera les anciennes installations d'AstraZeneca à Montréal. Le groupe britannique a annoncé en février la fermeture de son centre de recherche et de développement dans la métropole québécoise dans le cadre d'une réorganisation de ses activités. Quelque 130 personnes ont perdu leurs emplois.

Changements aux brevets

Parallèlement au financement, Québec a aboli la protection des brevets pharmaceutiques sur 15 ans, qui autorisait pendant toute cette période l'achat de médicaments brevetés plutôt que l'achat de médicaments génériques, moins chers.

Québec estime maintenant que cette mesure, qui a servi à attirer les grandes sociétés pharmaceutiques, est trop coûteuse et n'est plus viable, puisque plusieurs centres de recherche de sociétés pharmaceutiques internationales ont fermé leurs portes dans la région de Montréal ces dernières années. Près de 2000 personnes ont perdu leur emploi.

Certains se font circonspects sur ce front.

« D'essayer d'enlever des avantages à l'industrie pharmaceutique, il faut faire ça avec prudence pour ne pas devenir non attrayant pour l'industrie, pour qu'elle vienne chez nous », déclare Pavel Hamet, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique prédictive et directeur du laboratoire de médecine moléculaire du CHUM.

Cependant, de façon générale, le milieu pharmaceutique croit que le gouvernement devrait miser davantage sur les PME québécoises. Et il s'entend pour dire que 125 millions de dollars d'appui sont une bien petite somme pour empêcher les grandes entreprises américaines d'acquérir ces PME.

« Il faut s'assurer qu'on puisse être en mesure de grandir ici au Québec et de garder notre siège social ici », dit Pierre Falardeau, président de Oncozyme Pharma.

D'après des informations de Maxime Bertrand

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