SNC-Lavalin met fin à sa participation dans le chantier maritime Davie

SNC-Lavalin abandonne la Davie

Moins d'un an après avoir pris une participation dans le chantier maritime Davie de Lévis, SNC-Lavalin (TSX:SNC) a annoncé jeudi qu'elle mettait fin à l'aventure.

Dans un bref message envoyé aux médias, la vice-présidente aux communications de SNC, Leslie Quinton, a indiqué que l'entreprise montréalaise avait « pris la décision difficile de mettre fin à sa participation au sein de la coentreprise Davie ».

Mme Quinton a précisé qu'« à la suite d'une analyse approfondie », le géant de l'ingénierie a « conclu que cette initiative ne répondait pas aux critères d'évaluation des risques financiers et d'affaires requis pour aller de l'avant ».

SNC-Lavalin promet de « collaborer avec toutes les parties prenantes au dossier pour faciliter la transition ».

C'est l'été dernier qu'une coentreprise formée de l'entreprise ontarienne Upper Lakes Group et de SNC ont acquis Davie dans l'espoir de décrocher de lucratifs contrats fédéraux de construction de navires d'une valeur totale de 33 milliards de dollars.

Or en octobre, ces contrats ont plutôt été confiés à des chantiers maritimes de Vancouver et de Halifax.

L'entreprise Upper Lakes Group, qui devient l'unique propriétaire du chantier, a elle aussi annoncé son intention de se retirer.

Davie peut encore soumissionner en vue de construire une partie des 116 navires de plus petite taille qu'Ottawa commandera au cours des prochains mois, au coût total de 2 milliards de dollars.

L'an dernier, dans le but de donner un coup de pouce à Davie, Québec lui avait accordé, sans appels d'offres, un contrat de 150 millions de dollars pour construire deux navires destinés à la Société des traversiers du Québec. L'entreprise doit également terminer la construction de bateaux pour le compte de clients européens.

Des problèmes de financement de ces derniers travaux ont toutefois fait en sorte d'empêcher la reprise des activités sur le chantier, lesquelles devaient redémarrer cet hiver.

Réactions

Le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon, Paul-André Brulotte, est sous le choc. « On a mis bien de l'espoir dans SNC-Lavalin et d'entendre qu'ils se retirent, c'est une surprise. D'après Lavalin, on était en train de signer des contrats pour finaliser les trois navires plus les deux traversiers du gouvernement du Québec. Le moral n'est jamais bon dans des histoires comme celle-là. »

Quant au député de Lévis, Gilles Lehouillier, il n'arrive pas à comprendre pourquoi SNC-Lavalin se retire du chantier maritime Davie. Il ne s'y attendait pas, d'autant plus que Davie avait des contrats pour 350 millions de dollars dans son carnet de commandes. Il croit encore une relance possible. « À partir de maintenant, il va appartenir au propriétaire du chantier, Upper Lakes, de prendre des décisions quant à l'avenir du chantier. J'ai contacté les gens du cabinet du ministre Sam Hamad ce matin et ce que le ministre m'a confirmé ce matin, c'est qu'on est toujours disposés à continuer avec Upper Lakes Group pour favoriser la relance du chantier », a-t-il affirmé.

Espoirs de relance?

Jeudi après-midi, le syndicat a rencontré des représentants d'Upper Lakes Group. Ces derniers ont fait savoir qu'ils vont rencontrer SNC-Lavalin, Investissement Québec et les autres intervenants au dossier avant de décider de l'avenir de la Davie.

Le ministre du Développement économique, Sam Hamad, affirme que le gouvernement du Québec est encore prêt à aider à la relance, mais qu'il n'est pas question de mettre un sou de plus dans le projet. « Le contribuable, au Québec, a fait sa part. On va voir ce qu'on peut faire maintenant », a-t-il dit.

Sam Hamad a aussi indiqué que le contrat pour la construction de deux traversiers, octroyé à la Davie sans appels d'offres par le gouvernement, pourrait éventuellement être retiré. Ce sera à la Société des traversiers de prendre la décision.

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L'économie avec Gérald Fillion

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