Des économistes débattent de l'offre de Québec concernant l'aide aux études

Des étudiants universitaires Des étudiants universitaires (archives)

Les chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) ont tenu à répondre à l'analyse de la dernière offre du gouvernement Charest aux étudiants universitaires en matière d'aide financière, effectuée par le fiscaliste Luc Godbout.

Dans le cadre d'une entrevue diffusée lundi à l'émission RDI Économie, M. Godbout a présenté l'effet de la bonification des bourses et des prêts sur les finances des familles d'étudiants qui vont à l'université.

Québec a annoncé vendredi que des bourses seront disponibles pour les étudiants dont le revenu parental ne dépasse pas 45 000 $. Ce seuil se situait à 35 000 $ jusqu'à maintenant.

Selon Luc Godbout, les étudiants verraient alors leur situation s'améliorer sensiblement avec les offres faites par le gouvernement au cours du conflit, soit la bonification des prêts annoncée au début avril et la bonification des bourses annoncée vendredi dernier.

Les effets de l'offre gouvernementale pour les étudiants dont le revenu familial est de 45 000 $
Les effets de l'offre gouvernementale pour les étudiants dont le revenu familial est de 60 000 $
Les effets de l'offre gouvernementale pour les étudiants dont le revenu familial est de 100 000 $

Toutefois, selon les chercheurs de l'IRIS Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin, qui ont écrit sur le blogue de l'IRIS mardi, les calculs de Luc Godbout ne concernent que les étudiants recevant de l'aide financière aux études et qui bénéficient d'une contribution parentale, ce qui représente une minorité des étudiants.

Selon eux, seulement 35 % des étudiants jouissent d'une contribution parentale. De ceux-ci, 80 % bénéficieront de l'offre gouvernementale.

« Il s'agit donc de 28 % des étudiants universitaires recevant de l'aide financière aux études et d'environ 10 % de l'ensemble des universitaires », peut-on lire sur le blogue.

Par ailleurs, les chercheurs soutiennent qu'après cette réforme, les montants attribués pour le logement et la nourriture, qui n'ont pas été mis à jour depuis le milieu des années 1990, resteront les mêmes. Avec ou sans contribution parentale, les étudiants recevront toujours 7 $ par jour pour se nourrir.

Finalement, selon l'équipe de l'IRIS, le gouvernement aurait pu proposer ces changements sans pour autant augmenter les droits de scolarité.

« En somme, les améliorations apportées au régime de bourses, en plus de ne profiter qu'à peu d'étudiants, ne peuvent être associées, comme le fait M. Godbout, à de la générosité de la part du gouvernement. Il s'agit, au mieux, d'une forme d'utilisation intéressante des fonds de l'État. Ce type de mesure peut très bien s'appliquer sans devoir être lié à une hausse des frais de scolarité et, malheureusement, ne compense pas adéquatement la majorité des étudiants contre la hausse actuelle », écrivent-ils.

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L'économie avec Gérald Fillion

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