Vers une certification de l'empreinte carbone des produits

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Cheminées recrachant des nuages de fumée. (archives)  Photo :  AFP/Joël Saget

Si tout va comme prévu, les consommateurs québécois pourront, d'ici quelques années, connaître le « bilan carbone » de chacun des produits qu'ils achètent.

Imitant des pays comme la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande et la Suède, le gouvernement du Québec a lancé lundi un projet-pilote qui doit mener à l'implantation à large échelle de la certification de l'empreinte carbone des produits et des services.

Pour les produits de grande consommation, par exemple, le nombre de grammes de CO2 générés tout au long du cycle de vie (fabrication, distribution, utilisation et disposition) sera indiqué sur l'emballage.

Dans le secteur des produits industriels comme l'aluminium et le bois d'oeuvre, le gouvernement espère que la certification permettra aux exportateurs québécois de se démarquer du fait qu'ils sont généralement moins polluants que leurs concurrents d'autres régions.

Le principal défi du projet pilote sera d'harmoniser les différentes méthodologies qui existent dans le monde quant au calcul, à la vérification, à la certification et à la communication des émissions de gaz à effet de serre.

Québec versera aux entreprises qui veulent faire certifier leurs produits à faible empreinte carbone une aide financière pouvant atteindre 40 % des dépenses admissibles, et ce jusqu'à concurrence de 150 000 $. Le gouvernement a réservé 24 millions de dollars au total pour l'initiative.

Dix entreprises participent au projet-pilote: Bell, Chantiers Chibougamau, Yoplait, Rio Tinto Alcan, Alcoa, Aluminerie Alouette, Fibrek, Enerkem, Interplast et Laboratoire M2.

Le Québec est le premier à adopter cette mesure en Amérique du Nord.

« Nous on pense qu'il y a un avantage pour le Québec à faire ça, et un avantage pour le Québec qui devient une signature », indique le ministre du Développement économique, Sam Hamad.

L'initiative pourrait porter rapidement fruits puisqu'il existe déjà une demande pour ce type de produits. Par exemple, la plus grande chaîne de détaillants au monde, Walmart, a des demandes bien précises pour l'empreinte carbone des produits qu'elle achète.

Selon Denis Leclerc, président d'Écotech Québec, l'organisme qui cherche à positionner le Québec comme pôle d'excellence des technologies propres en Amérique du Nord, l'argent dépensé en vaudra la peine.

« Alors, pour le Québec, le fait qu'on ait un avantage concurrentiel au niveau de l'électricité, entre autres, verte et renouvelable, il faut le mettre de l'avant pour améliorer nos opportunités d'affaires, nos occasions d'affaires, ici et aussi à l'international », dit-il.

L'économie avec Gérald Fillion