Peut-être plus de 250 puits par année au Québec

Deuxième journée d'audiences du BAPE à Saint-Hyacinthe Beaucoup moins de gens étaient présents à la deuxième journée d'audiences du BAPE à Saint-Hyacinthe.

Il pourrait y avoir plus de 250 puits forés chaque année au Québec si l'industrie du gaz de schiste prend son envol. C'est ce qu'a indiqué mardi le responsable des opérations dans les schistes gazéifères chez Talisman Energy, James Fraser, dans le cadre des travaux du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), à Saint-Hyacinthe.

Dans le cadre des audiences du BAPE à Saint-Hyacinthe, un représentant de Talisman Energy estime que si l'industrie du gaz de schiste prenait son envol, plus de 250 puits pourraient être forés chaque année au Québec.

Cette évaluation dépasse l'estimation faite par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune dans le document technique qui sous-tend les travaux du BAPE. « Jusqu'à 250 puits horizontaux pourraient être forés chaque année dans la vallée du Saint-Laurent », selon le ministère.

M. Fraser a cependant précisé qu'il faut distinguer entre puits et sites de forage. « Il peut y avoir jusqu'à 12 puits sur un même site de forage », a-t-il indiqué aux commissaires qui enquêtent sur l'industrie du gaz de schiste. Si l'industrie perçait 250 puits par an, cela se traduirait donc par environ 25 sites de forage annuellement. « Ce n'est pas énorme » dans un territoire aussi vaste que la vallée du Saint-Laurent, selon M. Fraser.

Une quarantaine de produits chimiques

Les audiences ont également permis de savoir que le ministère de l'Environnement dispose d'une liste d'une quarantaine de produits chimiques utilisés pendant les opérations de fracturation.

La fracturation est la technique utilisée par l'industrie pour libérer le gaz naturel emprisonné dans le schiste, couche géologique située à une profondeur variant de 1000 à 2500 m, dans le sud du Québec.

Cependant, Isabelle Guay, de la direction analyse et expertise en eau du ministère, a indiqué que les analyses de ces produits et de leur interaction avec le milieu, notamment, ne sont pas terminées.

Les écologistes y voient un autre exemple du manque d'information avec lequel le BAPE effectue son analyse de l'industrie du gaz de schiste. Selon Dominique Neuman, conseiller juridique à l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), le BAPE devra composer avec cette incertitude et devrait se servir de son mandat pour fixer des limites.

« Est-ce que ce cadre législatif devrait lui-même inclure une pause, qu'on appelle cela un moratoire ou autrement, pour ne pas aller plus loin avant que l'ensemble des morceaux du puzzle que le gouvernement est en train correctement de constituer soit mis en place », demande M. Neuman.

Le BAPE n'a attiré que quelques dizaines de personnes à sa deuxième journée d'audiences. Celles-ci se poursuivront mercredi et, au besoin, jeudi, ainsi que les 12 et 13 octobre prochain au Centre des congrès de Saint-Hyacinthe. Le public peut également participer aux travaux par vidéoconférence dans deux salles aménagées à cet effet à Bécancour et à Saint-Édouard-de-Lotbinière.

Un texte de Jean-Hugues Roy

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