Le sou noir sur la sellette

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Une pièce de 1 cent Une pièce de 1 cent  Photo :  Kasia/Flickr

La disparition de la pièce de 1 ¢ nuirait-elle à l'économie canadienne? C'est la question que s'est posée le Comité des finances du Sénat mercredi. Et la réponse est non, selon Pierre Duguay, sous-gouverneur de la Banque du Canada.

Le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Pierre Duguay, estime qu'il n'y aurait aucun impact à retirer la pièce de 1 ¢ de la circulation, lors d'audiences au Comité sénatorial des finances.

Ce dernier croit que retirer cette pièce de la circulation n'aurait aucun impact, et ce, même si l'on devait arrondir les prix avec des multiples de cinq. Selon lui, une telle augmentation n'aurait lieu qu'une seule fois et ne serait pas perceptible dans l'évolution de l'index des prix à la consommation.

Depuis 1908, la pièce de 1 ¢ a perdu 95 % de sa valeur à cause de l'inflation, selon M. Duguay.

Le député néo-démocrate de Winnipeg, Pat Martin, croit pour sa part que l'abolition de la pièce de 1 ¢ permettrait d'épargner des coûts, tant pour le gouvernement que pour les entreprises et les consommateurs.

Desjardins évalue les coûts à 130 millions

L'utilisation de cette pièce dans l'économie coûte 130 millions de dollars, selon une étude publiée par le Mouvement Desjardins en 2007. « On dépense de l'argent pour accumuler [ces pièces] à la maison. Quand on regarde la production de pièces de 1 $ ou de 2 $, c'est beaucoup moins », souligne Jean-Pierre Aubry, économiste-conseil et fellow invité au CIRANO et coauteur de l'étude.

La Monnaie royale canadienne soutient qu'il lui en coûte 6 millions de dollars pour produire ces cents chaque année, soit 0,8 ¢ par pièce. Mais, selon Desjardins, cette pièce coûterait 120 millions par an : 20 millions en frais divers pour les institutions financières, 40 millions à cause des pièces perdues pour les citoyens et 60 millions pour les commerces de détail.

Pat Martin estime de son côté qu'il en coûte entre 1,5 et 4 ¢ par pièce avec les frais de transport, de distribution et de main-d'oeuvre.

Une pièce qui a fait son temps?

Ses opposants ajoutent que l'inflation réduit la valeur de cette pièce et que les consommateurs utilisent de plus en plus le débit et les cartes de crédit, ou le magasinage en ligne. D'autre part, la Monnaie royale canadienne cherche à réduire ses coûts et à optimiser ses moyens de production pour ses exportations de pièces étrangères.

Malgré tout, l'élimination de cette pièce pourrait entraîner son lot de problèmes, notamment une inflation à cause des prix arrondis ou des difficultés avec les taux de change.

Dans son étude, Desjardins recommande que cette suppression ne concerne que les transactions en espèces, à l'instar d'autres pays ayant décidé de franchir le pas (la Nouvelle-Zélande est allée jusqu'à supprimer la pièce de 5 ¢).

Le comité sénatorial devrait publier un rapport sur la question d'ici le 31 décembre 2010.

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