Qui paiera la dette du Québec?

À peine sorti de la récession, le Québec se heurte à des choix difficiles. La dette de la province s'accumule et les déficits budgétaires, qui totaliseront 13,2 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années, risquent de réduire la marge de manoeuvre du gouvernement d'ici 2013.

Le gouvernement du Québec poursuit ses consultations prébudgétaires jusqu'en mars prochain. Pour retrouver l'équilibre budgétaire, le grand argentier devra trouver 5 milliards de dollars d'ici 2013. Les solutions évoquées pour ce faire déplaisent à plusieurs regroupements, tandis que les contribuables, les syndicats et les entreprises se disent préoccupés par l'alourdissement de la dette.

Le Québec face aux autres provinces

Lors de sa dernière mise à jour économique, le 27 octobre 2009, le ministre des Finances Raymond Bachand insistait sur la performance du Québec au chapitre de l'endettement. Il comparait notamment les déficits budgétaires anticipés au Québec à ceux prévus en Ontario.

Il est vrai qu'à 24,7 milliards de dollars, le déficit appréhendé en Ontario pour 2009-2010 est 5 fois plus important que celui du Québec. Par contre, les économistes conviennent que pour une meilleure comparaison, il convient d'utiliser un autre indicateur: la dette en fonction de la taille de l'économie, du produit intérieur brut.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, au 31 mars 2009, la dette nette de la province s'élevait à 42,7 % du produit intérieur brut. Ainsi, pour chaque tranche de 100 $ de revenu, le gouvernement a une dette de près de 43 $.

Le taux d'endettement le plus élevé du pays

De toutes les provinces canadiennes, c'est le taux d'endettement le plus élevé. En comparaison, l'Ontario affiche un endettement de 25,4 % de son PIB. Pour le gouvernement fédéral, l'endettement en fonction du PIB est de 32,8 %.

Toutefois, d'autres pays enregistrent une dette plus importante. Aux États-Unis, la dette, qui s'élève à 8500 milliards de dollars, correspond à environ 50 % du PIB. Avec des ratios respectifs de 90,1 % et de 113,4 %, le Japon et la Grèce connaissent un endettement plus préoccupant que celui du Québec.

Par contre, certains experts contestent ces comparaisons entre le Québec et les autres pays du monde. Ils estiment irréaliste d'omettre la part de dette du gouvernement fédéral que doivent assumer les Québécois, soit 123 milliards de dollars.

En ajoutant cette dette fédérale à celle de la province, l'endettement du Québec en fonction de son PIB dépasse les 80 %. Le Québec rejoint ainsi les pays les plus endettés du monde.

Cela dit, il n'est encore question que de dette nette. En considérant la dette publique, qui comprend aussi les sommes dues par Hydro-Québec, les commissions scolaires, les municipalités, le ratio de dette comparativement au PIB frôle les 110 %.

La dette nette expliquée

Évoquer l'endettement d'un gouvernement signifie la plupart du temps faire référence à la dette nette.

Celle-ci représente le total du passif, auquel on retranche les actifs financiers. Il s'agit de la dette contractée sur les marchés financiers, à laquelle on ajoute la valeur des engagements du gouvernement dans les régimes de retraite de ses employés, diminuée de la valeur des actifs financiers comme les placements.

Au 31 mars 2009, la dette nette du Québec s'élevait à 129 milliards de dollars. Par habitant, cet endettement représente 16 642 $.

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L'économie avec Gérald Fillion

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