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Mise à jour le jeudi 29 mars 2012 à 21 h 47
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Changements aux évaluations environnementales : une mesure du budget qui choque

Sables bitumineux en Alberta

Exploitation des sables bitumineux en Alberta

Les environnementalistes dénoncent d'une même voix la mesure du budget fédéral qui raccourcit le processus d'évaluation environnementale des projets énergétiques.

Le gouvernement veut favoriser l'approbation plus rapide des projets industriels comme les oléoducs, car il trouve que le processus est trop lent et complexe pour le moment, selon le budget déposé jeudi.

« C'est de la bouillie pour les chats! », s'exclame en réaction Steven Guilbeault, cofondateur d'Équiterre.

Le gouvernement donne des exemples de projets dont le processus d'approbation a été long. Steven Guilbeault explique que dans la grande majorité des cas, les délais ont été longs à cause des entreprises qui ont changé leur projet en cours de route.

Dans le cas du controversé projet Rabaska de port méthanier près de Québec, il rappelle que c'est la compagnie qui a décidé de changer son projet de place.

« Ce ne sont pas des délais qui sont dus à l'évaluation environnementale », explique M. Guilbeault.

On essaie de nous faire avaler l'idée qu'il y avait le besoin d'un remède important dans ce domaine-là, alors que le remède est pire que le mal qu'on essaie de guérir. — Steven Guilbeault, cofondateur d'Équiterre

Un manque d'éthique

« Ce n'est pas éthique que le gouvernement profite du budget pour modifier des lois sociales et environnementales », s'exclame Christian Simard, directeur général de Nature Québec.

« Ce n'est pas une mesure budgétaire », ajoute-t-il. M. Simard dénonce cette façon d'imposer une mesure sans consultation et sans débat.

Les groupes de travail qui étudient les projets énergétiques auront un maximum de deux ans, alors que l'évaluation environnementale sera limitée à un seul exercice, d'une durée maximale de un an.

Christian Simard en vient à la conclusion « que n'importe quelle entreprise pourra venir au Canada, peu importe les impacts de ses activités sur l'environnement ». Il résume le message du gouvernement aux entreprises par : « À l'intérieur d'un an, vous aurez toutes vos autorisations! ».

M. Simard indique que c'est un signe « extrêmement négatif ». Selon lui, cette mesure « dit à la Chine et à l'international qu'ils sont les bienvenus au Canada même si leur projet est inacceptable ».

Lisa Gue, analyste de politique en santé environnementale pour la Fondation David Suzuki, est également très inquiète par cette mesure.

Le but du gouvernement est d'approuver ces projets à tout prix, mais, pourtant, l'évaluation environnementale sert à prendre une bonne décision pour protéger l'environnement et les Canadiens. — Lisa Gue, analyste de politique en santé environnementale pour la Fondation David Suzuki

La nouvelle mesure s'appliquera entre autres au controversé projet Northern Gateway. La compagnie Enbridge veut construire un pipeline pour transporter le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta à l'Asie, en passant par un port à l'ouest de la Colombie-Britannique.

Lisa Gue s'indigne de ce budget « insouciant de l'environnement ». Elle souligne pourtant qu'un environnement sain est nécessaire pour une économie durable et solide.

Mme Gue ajoute que, comme prévu, le budget annonce des coupures dans différents ministères fédéraux dont Environnement Canada et Pêches et Océans Canada. Elle s'interroge cependant sur leur réelle possibilité de réaliser leurs objectifs avec une capacité diminuée.