LE QUÉBEC BIO
La certification biologique

Animé par des convictions liées à l’environnement, le consommateur québécois s’entiche de plus en plus des aliments biologiques. En parallèle, l’importance et la diversité de l’offre de produits prennent de l’ampleur. Une équation qui laisse présager que, loin d’être un engouement passager, le bio est bel et bien là pour rester.

Le bio connaît une ascension constante, occupant année après année une plus grande part de marché. Plusieurs sondages réalisés pour le compte de la Filière biologique du Québec démontrent en effet que depuis plus de 10 ans, les ventes d’aliments biologiques grimpent en moyenne de 10 % par année. Le portrait le plus récent démontre que 50 % des Québécois en consomment, et de ce nombre, 40 % le font sur une base hebdomadaire et 20 % sur une base quotidienne. Quant aux raisons qui incitent ces gens à garnir leur panier d’épicerie de denrées bios, des valeurs écoresponsables sont évoquées dans 90 % des cas, et une préférence pour leur goût dans 72 % des cas.

Les fruits et les légumes frais demeurent les produits bios les plus prisés, mais les céréales prêtes à manger, le lait et les produits laitiers ainsi que les œufs sont aussi très recherchés par les consommateurs. Et avec une multitude de nouveaux produits qui font leur apparition chaque année dans les supermarchés de la province, cela ne représente qu’une infime partie des possibilités permettant d’adopter cette certification. Le nombre d’aliments bios provenant du Québec est en effet passé de 4000 en 2010 à 8900 en 2017.

À la conquête de nouveaux secteurs

Les grandes épiceries comme les commerces spécialisés se situent au cœur de ce raz-de-marée. Selon un sondage de l’Association canadienne pour le commerce des produits biologiques (COTA), la valeur des ventes de produits biologiques chez les grands détaillants du Québec est passée de 75,6 à 137,5 millions de dollars entre 2006 et 2012.

« On assiste à une démocratisation de l’alimentation bio. Autant les jeunes familles que les baby-boomers font aujourd’hui ce choix, surtout par conviction environnementale, mais aussi parce qu’ils ont de plus en plus à cœur de consommer des produits locaux. Ils aiment savoir que les aliments qui se retrouvent sur leur table proviennent du Québec », explique Hélène Normandin, directrice du marketing chez Avril, supermarché santé. L’entreprise qui prenait la forme, en 1995, d’une toute petite boutique tenue par une seule employée compte aujourd’hui sept succursales à travers la province, et bientôt un centre de distribution.

Le monde de la restauration est également entré dans la danse avec la multiplication de comptoirs d’alimentation rapide offrant sandwichs et salades bios, et de grandes tables plaçant le bio au centre de leurs menus. Il ressort en effet d’un sondage mené l’an dernier par l’association Restaurants Canada auprès de 500 chefs que l’utilisation d’ingrédients biologiques figure parmi les 10 plus grandes tendances de la restauration actuelle.

Le Québec, chef de file de la production laitière biologique

Porté par cette puissante vague, le secteur laitier connaît également de grandes transformations. Les 114 fermes certifiées biologiques du Québec ont généré 44,7 millions de litres de lait en 2016, ce qui représente, selon les données du Centre canadien d’information laitière, plus du tiers de la production bio à l’échelle canadienne. Et, en raison de la demande toujours plus importante de la part des consommateurs, le Syndicat des producteurs de lait biologique du Québec a mis en place en 2016 un plan stratégique visant à ce que le nombre de fermes double d’ici 2023, afin de produire 40 millions de litres de lait supplémentaires.

En 2015, chez Riviera, l’ajout de quelques yogourts et fromages bios à la gamme existante a été motivé par un désir de suivre les grandes tendances alimentaires observées sur la scène mondiale : « Nous avions remarqué que les consommateurs recherchaient des aliments sans OGM et moins transformés », explique Kathleen Hébert, chef de la marque Riviera de la Laiterie Chalifoux, située à Sorel-Tracy.

Yogourts de toutes sortes, fromages fins, cheddar, parmesan ou suisse, lait, crème, crème sure, beurre et kéfir... Les consommateurs ont maintenant l’embarras du choix au rayon des produits laitiers bios. La certification leur assure non seulement que le lait à la base du produit est issu de l’agriculture biologique, mais aussi qu’aucun arôme ni colorant artificiel ne figure sur la liste des ingrédients.

Ainsi, si les perspectives d’avenir semblent très bonnes pour le bio, elles le sont par conséquent pour le consommateur, toujours plus exigeant, qui aura accès à une variété accrue et à des prix qui tendront, eux, à baisser.