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Arts et culture

Une heure avec Frédéric Beigbeder, l'enfant terrible de la littérature

Le mercredi 2 décembre 2015

Frédéric Beigbeder en 2014 au Livre sur la Place, à Nancy, en France
Frédéric Beigbeder en 2014 au Livre sur la Place, à Nancy, en France     Photo : flickr/ActuaLitté

« Je m'aperçois que tous mes livres parlent de crise du milieu de la vie. J'ai eu une crise à la trentaine. Ç'a donné 99 francs. Une crise à la quarantaine. Ç'a donné sans doute Un roman français. Puis maintenant c'est la crise de la cinquantaine. Ma crise du milieu de la vie dure depuis 30 ans. C'est pathétique », raconte l'auteur Frédéric Beigbeder durant une longue entrevue accordée à Marie-Louise Arsenault. 
 
Auteur, réalisateur, directeur de la rédaction, critique littéraire et animateur, il cumule les fonctions dans le monde culturel francophone. Il explique d'où vient son intérêt pour les livres. « Ma mère regardait toujours les émissions de Bernard Pivot. Les vendredis, il fallait regarder Apostrophes. Je voyais que ma mère trouvait ça intéressant, alors je me suis dit que ça devait l'être. Et donc, je me suis mis à aimer les écrivains avant d'aimer les livres. Ce qui m'intéressait, c'était les personnages qu'ils étaient. J'avais une fascination pour le fait d'être écrivain. Ça me paraissait être quelque chose de chic. J'ai eu envie d'être écrivain d'abord pour passer à Apostrophes. J'avais envie d'être invité par Bernard Pivot. » 
 
Sur les attentats à Paris, il avoue être toujours sous le choc et ne pas comprendre ces attaques. « Je n'y connais rien, à la Syrie. Je n'y comprends rien. En revanche, ce sont des Français qui ont fait ça. Des gens qui avaient le même âge que ceux qu'ils ont tués. Le problème est beaucoup plus compliqué. Ce n'est pas en bombardant la Syrie qu'on va régler le problème de ces jeunes nés en France qui désirent se suicider en emportant des innocents avec eux. C'est un problème franco-français. » Écrirait-il sur le Bataclan? « Je serais incapable. Il faut que quelqu'un le fasse. Mais moi je n'y arriverais pas. » 
 
Frédéric Beigbeder fait un lien entre son arrestation pour consommation de cocaïne et sa transition vers une écriture biographique plutôt que satyrique. « Un roman français est un livre qui raconte l'histoire de ma génération, très gâtée et pourtant marquée par une impression de vide et de solitude. J'essayais de comprendre cette génération et de raconter une histoire que je n'avais jamais lue parce que je croyais qu'elle n'avait pas d'intérêt. Je pensais vraiment que mon histoire personnelle n'avait pas d'intérêt. Je l'ai racontée quand même. » 
 
« En vieillissant, on devient de plus en plus détaché et on comprend de moins en moins le monde. J'ai l'impression de ne rien comprendre à la technologie. Et c'est peut-être ça le signe qu'il faut commencer à accepter de se détacher un peu, de laisser tomber », conclut-il. 
 
Références : 
Conversations d'un enfant du siècle, de Frédéric Beigbeder (Grasset, 2015) 
Le magazine LUI


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