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Santé

Surdiagnostic du TDAH : un problème d'accès aux professionnels

Le mardi 8 septembre 2015

Le Dr Jean-François Chicoine
Le Dr Jean-François Chicoine     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Dans TDAH? Pour en finir avec le dopage des enfants, J.-Claude St-Onge avance qu'il y a surdiagnostic du trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) au Québec et que la collusion entre les milieux médicaux et pharmaceutiques en serait en partie responsable. Le pédiatre Jean-François Chicoine a lu l'ouvrage du professeur de philosophie à la retraite et docteur en socioéconomie, et le qualifie de « travail paresseux ». Le Dr Chicoine affirme qu'il faut s'inquiéter de la hausse du nombre de diagnostics du TDAH, mais que la situation est bien différente que celle décrite par J.-Claude St-Onge. « Il ne s'agit pas de dopage quand c'est un trouble réel qui a été bien diagnostiqué. » 
 
« On s'aperçoit qu'au Québec, la prescription [de médicaments] augmente de plus en plus. Ça devient problématique parce que la médication est souvent la première solution », dit le Dr Chicoine.  
 
« La moitié des enfants est traitée pour rien et il y en a d'autres à qui on voudrait bien accéder, qui n'ont pas de traitement et qu'on voudrait bien traiter », ajoute-t-il. « Il est très difficile d'avoir accès à des psychologues ou à des neuropsychologues pour raffiner le diagnostic. » 
 
Selon le Dr Chicoine, le surdiagnostic viendrait aussi de « la difficulté de faire un diagnostic dans une population qui a beaucoup de problèmes d'attention. » Il note que le « marché de l'attention » est saturé et qu'il peut être difficile d'intéresser son enfant à des tâches scolaires quand l'ensemble de la société essaie de capter son attention. 
 
Le déni de la science 
 
« Dans [le livre de] St-Onge, les psychologues n'existent pas et les neuropsychologues ne sont là que pour attendre les consultations payantes, critique le Dr Chicoine. Il est incapable de comprendre ce qu'est le trouble, il est incapable de comprendre comment on fait le diagnostic et comment les professionnels en arrivent au diagnostic. » 
 
Le Dr Chicoine reproche également à l'ouvrage de St-Onge sa vision simpliste du milieu médical et son déni de la science. « Il fait beaucoup de "dénialisme". C'est-à-dire qu'on réfute la vérité scientifique sous prétexte que la science n'est qu'une hypothèse. C'est une forme de sophisme sophistiqué. » 
 
Solutions 
 
« Il ne faudrait pas permettre à tout le monde de prescrire des psychostimulants, concède toutefois le Dr Chicoine. Les pédiatres pourraient en avoir le droit, et les médecins de famille aussi, par exemple. » 
 
« Il faudrait redonner des services dans les écoles, voir quels sont les services actuels et qui pourrait en donner d'autres », offre enfin le Dr Chicoine comme début de solution afin d'améliorer le diagnostic du TDAH.


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