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Arts et culture

Richard Blaimert : pourquoi j'écris

Le mardi 17 février 2015

Le scénariste Richard Blaimert
Le scénariste Richard Blaimert     Photo : Radio-Canada/Olivier Paradis-Lemieux

C'est au début de sa carrière de comédien que Richard Tremblay a pris le nom de Blaimert, afin de se différencier de ses nombreux homonymes. Puis, en collaborant à Watatow, il a découvert sa véritable vocation : l'écriture. Le scénariste des Hauts et des bas de Sophie Paquin, de Cover girl et de Nouvelle adresse a accepté de nous partager sa passion en répondant au questionnaire Pourquoi j'écris. 
 
À quel âge avez-vous écrit votre premier texte? 
J'ai écrit mon premier vrai texte vers l'âge de 17 ans. Ce qui est loin d'être précoce! Il s'agissait d'un scénario intitulé C'était l'été, qui racontait les aventures d'une bande de jeunes travaillant dans un hôtel de L'Isle-aux-Coudres, dans Charlevoix, le temps d'un été! 
 
Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire?  
Le gène de l'enfant malheureux qui ne se reconnaît nulle part, ça existe? Si oui, ça explique la chose. Me projeter ailleurs était un moyen de supporter un quotidien meublé de gestes d'intimidation. Dans un autre ordre d'idée, c'est en lisant Stephen King, à 12 ans, que j'ai constaté le pouvoir de l'imaginaire. 
 
Vos parents étaient-ils fiers de vous?  
Quand, à 15 ans, j'ai annoncé à mon père que j'allais entrer à l'école de théâtre pour devenir comédien, il m'a regardé tendrement avant de me dire : « Tu ne feras jamais rien de bon là-dedans! Pourquoi tu ne deviens pas médecin ou avocat? » Il a tout de même ajouté : « Mais si c'est ça que tu veux faire, on va t'encourager. » Quelques années plus tard, quand mes parents sont venus me voir au théâtre où je jouais en compagnie de Janine Sutto, j'ai lu beaucoup de fierté dans leur regard!  
 
Pourriez-vous nous lire un extrait d'un texte de jeunesse? 
Dieu merci, j'ai inauguré ma première déchiqueteuse avec tout ce qui risquait de causer un vol d'identité, mais, magie, j'ai conservé un album, commis en 1975, relique — c'est le cas de le dire — de ma préparation à ma profession de foi. Dans ce poème, je proclame l'amour que je voue aux forces de l'univers. Il est... tétanisant de naïveté, de sincérité. Et bourré de fautes. 
 
Qui vous a donné votre première chance? 
Anne Dandurand, la jumelle qui portait de longs gants blancs ou noirs pour tenir son fume-cigarette. Je jouais avec elle dans Traboulidon et j'avais beau annoncer à tout le monde que j'avais l'intention de me mettre à écrire, personne ne me prenait vraiment au sérieux. Elle, qui n'était pourtant pas une amie, m'a invité chez elle pour me montrer son nouvel ordinateur et me parler de son métier d'auteure. Sans me juger. Elle me traitait déjà comme si c'était mon métier d'écrire. 
 
Quel est le meilleur conseil qu'on vous a donné?  
Écris tous les jours.  
 
À quel moment avez-vous compris que ça deviendrait votre métier?  
Pendant ma formation à l'académie Watatatow. Mes textes étaient appréciés et j'étais ambitieux, quasiment prétentieux. Je me disais que je me consacrerais à la jeunesse pour un maximum de deux ans avant de décrocher ma série pour adultes. J'y suis resté huit ans! La vie est très patiente pour vous guérir de la prétention. 
 
Quel autre métier avez-vous exercé?  
Gardien de piscine, comédien, serveur durant quatre soirs. 
 
Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première oeuvre publiée?  
J'ai très peu publié, mais je dois dire qu'à la réception des épreuves de mon premier roman, La liberté des loups, j'étais fier et heureux. J'ai alors fait mon premier Salon du livre, ce qui m'a ravi. Tellement que j'étais sur le point d'abandonner ma carrière à Watatatow pour me consacrer à l'écriture de romans. Mon côté excessif!  
 
Quelle est votre motivation quotidienne?  
Terminer mon épisode et crier : « Bijou! » 
 
Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail? 
Écrire « Générique FIN ». 
 
Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fier? 
Un monologue que j'avais écrit pour un rôle en anglais avec l'espoir qu'il soit joué par Geneviève Bujold. J'étais loin d'être parfaitement bilingue à l'écrit et, bizarrement, le texte a nécessité peu de corrections. Une sorte de moment de grâce sans alcool! Je suis également fier de plusieurs scènes de Nouvelle adresse, mais je ne veux plus faire le prétentieux, vous savez pourquoi.  
 
La phrase, le dialogue ou le texte dont on vous a le plus parlé?  
En télévision, on nous parle surtout de scènes. Dans Un monde à part, j'ai écrit pour Sylvie Drapeau une voix hors champ destinée à aider le personnage joué par Bianca Gervais à traverser une peine d'amour. Elle nous parlait de sa façon d'aimer à travers les décennies. On m'en parle encore. Dernièrement, on me parle des scènes entre Olivier et son père. 
 
Écrivez-vous à voix haute?  
Je relis, mais à voix pas si haute! Je marmonne, j'imagine. 
 
On ne parle que de soi. Commentez. 
Bien sûr! Je me retrouve dans tous les personnages et même quand ils ne me ressemblent pas, ils sont encore une extension de mon être. Ils sont ce que je ne suis pas. Beau, courageux, six pieds et deux, yeux bleus.  
 
Avez-vous déjà été censuré? 
Subtilement. Étrange, ça se passait toujours avec mes personnages gais. Du genre : « Encore un gai? Tu ne viens pas juste d'en parler? » Comme si je ne faisais pas la même chose avec les hétéros. Par contre, c'était davantage le cas il y a cinq ans. Je présume qu'on me fait davantage confiance aujourd'hui. 
 
Êtes-vous sensible aux commentaires, aux critiques, au regard des autres? 
Bien sûr que oui. Bien trop. Ça se soigne, mais pas tant que ça : les margaritas, c'est dur sur le foie. 
 
Pourquoi ou pour qui écrivez-vous? 
Comment ne pas écrire pour soi d'abord? C'est si difficile de créer intelligemment qu'il faut, à tout le moins, se faire plaisir en premier. Après, c'est la quête de l'universel. Juste ça. C'est là que j'ai envie de rejoindre les gens.  
 
Avec-vous été étonné par certaines perceptions qu'on avait de votre travail? 
Souvent. Pas toujours agréablement. 
 
Un lieu ou une ville qui vous inspirent? 
San Francisco. C'est ma ville. C'est là où, à 30 ans, je suis tombé profondément amoureux. 
 
Avez-vous expérimenté la création sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue?  
Le vouvray est mon meilleur ami de création. Je vous jure, c'est du solide pour un liquide! 
 
En vous relisant, à jeun, vous êtes-vous trouvé bon?  
Il y a 10 ans j'étais plutôt mauvais à cet exercice. Les lendemains faisaient mal aux cheveux ou très peur, mais maintenant, le vouvray et moi faisons bonne équipe. Comme beaucoup de choses dans la vie, c'est une question de dosage.  
 
Quel serait l'honneur qui vous comblerait le plus? 
Comme le dirait Elvis Gratton : « Think big. » Meilleur scénario original aux Oscars. 
 
Comment souhaiteriez-vous que l'on se souvienne de vous? 
Il mesurait six pieds et deux, il avait un corps de marbre et de si beaux yeux bleus.


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