ICI Radio-Canada Première

Plus on est de fous, plus on lit!

Plus on est de fous, plus on lit! rss

En semaine de 13 h à 15 h 
(en rediffusion à 1 h)

Marie-Louise Arsenault

Plus on est de fous, plus on lit!

Archives

dim
lun
mar
mer
jeu
ven
sam
 
 
 
123
4
5
67
8
910
11
12
1314151617
18
19
202122232425
26
27282930
 
 

Les meilleurs moments : Émission du mercredi 8 avril 2015


Livres

Maxime Chattam, mégastar du thriller : pourquoi j'écris

L'auteur de thrillers Maxime Chattam
L'auteur de thrillers Maxime Chattam     Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Maxime Chattam est l'un des auteurs de thriller les plus reconnus de la francophonie (plus de 4 millions de livres vendus), mais aussi au-delà puisque ses romans sont traduits dans plusieurs langues. L'écrivain français explique que la peur qui habite ses livres est une génératrice d'émotions intenses peu coûteuse pour le lecteur. Il explique pourquoi il écrit. 
 
À quel âge avez-vous écrit votre premier texte? 
Vers l'âge de 14 ans je crois. Je venais de regarder le film Stand By Me et j'ai eu envie de cette histoire. C'était exactement ce que je recherchais mais que je ne trouvais pas. Alors j'ai emprunté la machine à écrire de ma mère et j'ai réécrit Stand By Me en remplaçant les personnages par mes copains, et à mesure que je la rédigeais je m'éloignais de l'originale pour inventer ma propre histoire. 
 
Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire? 
De ne pas trouver dans la réalité ce à quoi j'aspirais. Je lisais Mark Twain et j'adorais les aventures de Tom Sawyer et d'Hulk, et malgré toutes mes tentatives, il était impossible pour moi d'en vivre d'aussi fortes.  
 
Alors j'ai découvert que l'écriture pouvait me permettre de m'inventer ces aventures, que je pouvais les vivre par procuration. Et peu à peu j'ai découvert le bonheur d'écrire, d'inventer des histoires, des personnages, des péripéties. 
Vos parents étaient-ils fiers de vous ? 
Mes parents voulaient surtout que je sois un meilleur élève ! Que je travaille plus à l'école, et que je sois un peu moins dans mes romans, dans mes jeux de rôle, dans mes récits... Puis plus tard, ils voulaient que je fasse un métier sérieux, pas que je coure après la chimère de l'écriture. 
C'était pour me protéger de mes propres fantasmes, de mes rêves de gosse. 
 
Aujourd'hui ils sont fiers, même s'ils doivent parfois se demander comment j'en suis arrivé à écrire des histoires aussi noires ! 
 
Pourriez-vous nous lire un extrait d'un texte de jeunesse?  
Je ne crois pas. Ils sont ensevelis quelque part dans mon bureau sous des tonnes de papiers... Et puis ça n'était pas très bon, soyons honnête. En revanche, j'ai écrit une phrase dans un de mes premiers textes que j'aime replacer régulièrement dans mes histoires : « La vie n'est qu'un flash de conscience dans l'éternité ».  
 
Qui vous a donné votre première chance, et vous a donné confiance? 
La vraie première chance, je la dois à mes profs de français au lycée qui m'ont poussé à m'intéresser à la forme et pas seulement au fond, ainsi qu'à une femme qui a beaucoup compté pour moi lorsque j'étais adolescent. Une amie de ma mère, Docy, m'a élevé intellectuellement; élevé au sens de me pousser à me dépasser.  
 
Quel est le meilleur conseil qu'on vous a donné? 
« Prends plaisir. » S'il n'y a pas de plaisir dans ce qu'on fait, ça se ressent. Il faut que ce soit un bonheur de raconter une histoire, pour que cette joie transpire. Même lorsqu'il s'agit d'une histoire effrayante, si cette peur est née dans le plaisir, alors il y aura du plaisir à la ressentir. 
 
À quel moment avez-vous compris que ça deviendrait votre métier?  
À la signature de mon premier contrat d'édition. Avant, c'était un rêve, presque une utopie, mais je me battais pour. Lorsque j'ai signé, avec un à-valoir suffisant pour démissionner de mon boulot et me consacrer pendant un an uniquement à l'écriture, j'ai su que je me débrouillerais toute ma vie pour en vivre. 
 
J'ai eu beaucoup de chance, je n'ai pas vraiment eu à me battre, puisque mes romans se sont bien vendus. C'est ça, le succès pour un romancier : la liberté. 
 
Quel autre métier avez-vous exercé? 
J'ai été employé de fast-food pendant deux ans, comédien par-ci par-là, caissier, vendeur de meubles, colleur de timbres (oui, ça existe), veilleur de nuit, employé d'une société d'import, un peu traducteur, puis libraire durant trois ans avant de devenir auteur.  
 
Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première oeuvre publiée? 
De la fierté bien sûr, mais j'étais déjà tellement plongé dans l'écriture de la suite que je n'ai pas vraiment savouré ce moment. Et depuis ça a toujours été ainsi. Lorsqu'un de mes romans sort, je suis déjà en train d'écrire le suivant, totalement happé par l'écriture. Du coup, ça me paraît presque anecdotique. Ce n'est pas tant la parution qui me touche, que les retours des lecteurs. J'adore Twitter et Facebook pour cela, pour le contact direct avec ceux pour qui j'écris. C'est permanent, immédiat. 
 
Quelle est votre motivation quotidienne? 
M'amuser. Trouver la bonne histoire, les bons mots, parvenir à dérouler la pelote de mon imagination jusqu'au bout et me rendre compte que ça tient la route, que le roman fonctionne, que selon mes critères personnels, il est bon. Alors, je suis heureux et du coup, je n'ai plus qu'une envie : recommencer, y parvenir encore. Et puis, pendant l'écriture, il y a ces pics d'excitation quand on est plongé dans son propre récit et que tout s'emboîte bien, la fierté de relire un paragraphe dont on est fier, pour sa mécanique interne, l'attachement à ses personnages, les faire évoluer... Écrire est une joie complexe. 
 
Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail? 
La solitude. J'aime être seul. Confronté à soi, c'est se confronter au monde, à ce qu'on en réfléchit. C'est apprendre à le comprendre et, donc, se comprendre soi-même. C'est, dans mon cas, compte tenu de ce que j'écris, se pencher sur ses propres parts d'ombre, les disséquer et en ressortir avec de la matière pour mieux disséquer l'homme en général, et ce qu'il est capable d'être dans les ténèbres. D'où l'importance d'avoir une famille aimante à ses côtés, pour assurer l'équilibre! 
 
Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fier? 
De l'ensemble. De son harmonie. Chaque livre appelle le suivant. J'ai beau faire du divertissement populaire, ça n'empêche pas mon travail d'être cohérent, maintenu par un fil conducteur : dresser le portrait de l'homme moderne, celui du début du 21e siècle, quitte à parfois retourner dans le temps pour cela, pour comprendre certaines influences majeures, comme avec mon diptyque sur la France de 1900. J'aime chacun de mes romans pour ce qu'il apporte aux précédents, pour ce qu'il prépare des suivants. Chacun de mes livres est à lire seul comme un pur divertissement, mais pris dans leur ensemble, ils tissent le portrait de notre société, ils m'aident à la décortiquer, à la comprendre, dans ce qu'elle a de pire, dans ses vices, ses dysfonctionnements, pour mieux aimer ce qu'elle a de bon. 
 
C'est de cet ensemble que je suis fier. 
 
De quoi, phrase, dialogue ou texte, vous a-t-on le plus parlé? 
Peut-être mes nouvelles. J'ai publié assez peu. Mais, lorsque l'occasion se présente, j'aime en écrire. Et, chaque fois c'est l'occasion de s'amuser sur un petit espace, d'être plus ramassé. Du coup cela induit souvent des textes plus forts, car le coeur n'est pas distillé sur 500 pages. On me parle souvent de mes nouvelles parce qu'elles choquent, elles marquent les esprits, notamment des lecteurs qui n'osent pas me découvrir avec un gros pavé et préfèrent tenter le coup avec un format de quelques pages. 
 
Écrivez-vous à voix haute? 
Non. Contrairement à Flaubert, je ne pense pas que cela soit profondément utile. Je ne fais pas du théâtre, mais de la littérature, qui est lue selon la voix interne de chacun. Mon travail consiste à poser les jalons de cette lecture personnelle. Donc, je n'écris qu'avec les voix de chaque personnage, et cela fait déjà assez de bruit dans ma tête! 
 
Y a-t-il un mot, une ponctuation, que vous affectionnez particulièrement, que vous aimez écrire? 
Il y a des mots par périodes. Pour mes premiers romans, j'adorais placer « fuligineux » au moins dans chaque histoire. Je ne saurais expliquer pourquoi, juste une question d'obsession momentanée... Cela change. Aujourd'hui j'adore « cosmique ». Allez savoir pourquoi! 
 
J'aime bien aussi le point-virgule, même s'il faut l'utiliser avec parcimonie. J'aime son demi-temps, ce hoquet. 
 
On ne parle que de soi : commentez. 
Pas si vrai, voire encore moins vrai en ce qui concerne les thrillers. C'est un domaine très éloigné de l'autofiction. Heureusement, compte tenu de la matière première : meurtre, pulsions noires, etc. 
 
Tout ce qu'on écrit transite forcément par soi, mais, à mes yeux le vrai travail du romancier est d'être capable de s'approprier ce qui n'est pas de lui et de le retranscrire avec ses mots. Je ne connais rien du tout à la médecine, pourtant, mon héros est médecin, et donc je dois connaître son jargon, comprendre les enjeux, son quotidien, sa méthode. Je dois me demander, y-a-t-il une « pensée médicale »? Si oui, je dois l'étudier pour en imprégner mon personnage. Le romancier se documente, il est une éponge, il boit, encore et encore, et lorsqu'il est gorgé à outrance, il régurgite en mélangeant tous les fluides, et les passe au tamis de sa propre matière.  
 
Avez-vous déjà été censuré? 
Jamais par mon éditeur. Je crois qu'en Turquie ils coupent certains passages de mes romans, les plus choquants. C'est ce qu'on m'a rapporté. Mais c'est à ma connaissance le seul cas. 
 
Êtes-vous sensible aux commentaires, aux critiques, au regard des autres? 
Dans la mesure où je suis publié, c'est que je veux partager mes histoires, donc, oui, j'aime avoir un retour sur mes livres. 
 
Pas celui des critiques dont c'est le métier. Ils ne lisent pas tous avec le coeur, ni avec l'envie, mais pour toucher leur chèque à la fin du mois, et je le dis sans aucun mépris, comprenez-moi bien, d'autant que, jusqu'à présent, je n'ai pas à me plaindre : les critiques n'ont jamais été dures avec moi. Ceux qui n'aiment pas mon travail n'en parlent tout simplement pas, donc je suis un peu gâté.  
 
Mais je m'intéresse à l'avis de ceux qui lisent par pur plaisir. Ceux qui viennent chercher le livre. Ceux-là me parlent sans filtre. Ils aiment ou pas et me racontent pourquoi. Ce qu'ils ont préféré ou le moins aimé. C'est intéressant. 
 
Comment imaginez-vous vos lecteurs? 
Je ne les imagine pas. Je les rencontre. Virtuellement, sur le net, les forums, Twitter, Facebook, et physiquement lors des rencontres. 
 
Je n'ai pas besoin de les imaginer. J'imagine déjà bien assez de personnages comme ça. Mes lecteurs sont le réel. J'ai besoin de les lire, les voir, pas de me les inventer. 
 
Avez-vous été étonné par certaines perceptions qu'on avait de votre travail? 
Au début, je ne comprenais pas bien qu'on puisse être choqué par la noirceur de mes livres. Les premières fois, je ne réalisais pas que les gens pensent que je suis très noir moi-même compte tenu de mes histoires. Alors que, pas du tout! Au quotidien, je suis plutôt optimiste, souriant, j'aime rire, le divertissement; je suis au fond un grand gamin sur plusieurs points! Mais il m'a fallu intégrer que les gens se font légitimement une image d'un auteur en fonction de ce qu'il écrit. Et, naïvement, je n'y avais jamais pensé pour moi avant d'être publié. 
 
Y a-t-il un lieu ou une ville qui vous inspire? 
Dans l'absolu, le monde entier. Mais j'avoue avoir une passion pour New York et sa capacité à susciter toutes les histoires possibles. 
 
Avez-vous expérimenté la création en état d'ébriété ou sous l'effet des drogues? 
Il m'est arrivé, il y a longtemps, d'écrire en étant alcoolisé, mais j'avais tellement peur que ce soit bon que je n'ai pas osé continuer. Depuis, j'ai pris assez confiance pour ne plus avoir cette crainte. Mais, par principe, je ne bois jamais d'alcool le midi si j'écris ensuite. 
 
En vous relisant, à jeun, vous êtes-vous trouvé bon? 
Plutôt ! hélas... Mais pas assez structuré, heureusement.  
 
Quel serait l'honneur qui vous comblerait le plus? 
Que mes enfants lisent quelques-uns de mes livres et les trouvent bons. Pas tous, tout de même, je ne vais pas leur imposer ça, les pauvres! 
 
Comment souhaiteriez-vous que l'on se souvienne de vous? 
Je laisse ma famille s'approprier ce qu'ils voudront se rappeler de moi. Pour le reste, qu'on s'amuse avec mes livres encore quelque temp me comblerait. Une fois mort, eh bien, j'avoue que je m'en moque un peu, puisque je ne serai plus là pour le savoir! C'est bien là, le mérite de la mort, de rendre toute vanité futile. 
 
Maxime Chattam vient de lancer un nouveau livre Que ta volonté soit faite, qu'il aura l'occasion de présenter au Salon du livre de Québec, qui commence jeudi. 
 
 
Maxime Chattam en entrevue à l'émission On est pas encore couchés, en février dernier.

Livres

Le récit du bout du monde d'Emmanuel Lepage

Le bédéiste français Emmanuel Lepage
Le bédéiste français Emmanuel Lepage     Photo : Radio-Canada/Christian Côté

En 2014, Emmanuel Lepage et son frère François sont invités par l'Institut polaire français pour vivre une grande aventure en Antarctique qu'ils surnomment le « raid ». À leur retour, Emmanuel publie La Lune est blanche, un récit qui se déroule aux confins du monde et qui réunit la bande dessinée et la photo. 
 
 
À 13 ans, il fait la connaissance de Jean-Claude Fournier, un des auteurs de la série Spirou et Fantasio. Pour lui, rencontrer un dessinateur de bande dessinée dans son atelier, c'est comme rencontrer un demi-dieu. Efficacité, lisibilité et sens du récit : voilà ce qu'il apprend en compagnie de ce grand homme de la BD. 
 
Ses études en architecture lui ont appris à voyager avec un carnet. « Le dessin ne fait pas peur, c'est un langage universel. Ça renvoie à l'enfance et à l'enfance de l'humanité », dit-il.

EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - 28e Festival de la BD francophone de Québec

Livres

Les suggestions littéraires pour les petits et les ados

Les choix de Catherine 
Catherine Trudeau est porte-parole de la catégorie Jeunesse au Prix des libraires du Québec, comédienne et mère de deux jeunes garçons. Elle est d'avis que L'étrange pouvoir de Léo Langelier est un chouette petit roman pour les premiers lecteurs. L'action démarre dès la première page et le ton est très humoristique.  
 
Le bateau de fortune est, selon elle, une histoire simplissime où il se passe tout et rien à la fois. Les dessins sont sublimes, on y voit les débuts de l'été sur la plage, la chaleur et le soleil.  
 
Mon chien qui pue est un hymne aux petits défauts, aux petits travers. Avec ses dessins éclatés et un vocabulaire explosif, le livre est simplement magnifique et drôle. 
 
Les choix de Sophie 
Sophie Gagnon est enseignante, blogueuse et mère de deux enfants. Elle était également chargée du volet adolescent du Salon du livre de Montréal 2014. Elle explique que dans Le prodigieux, le lecteur est entraîné dans une fabuleuse aventure où se fondent récit initiatique, histoire, poursuite, magie et émotions fortes, dit-elle. 
 
La main de fer est une intrigue dense et bien menée. Les pistes multiples font en sorte que le lecteur réfléchit tout au long du récit. Le thème de l'obsolescence programmée, abordé dans le livre, met en scène le pour et le contre de cette réalité.  
 
Si loin de toi est un heureux mélange de thriller et de roman psychologique. Dans ce livre, l'auteure aborde la résilience, la dépendance à la drogue, la famille et l'homosexualité.  
 
L'étrange pouvoir de Léo Langelier,François Gravel, Québec Amérique (7 ans et +)  
Le bateau de fortune,Olivier de Solminihac, Sarbacane (4 ans et +)  
Mon chien qui pue,Christine Roussey, De La Martinière Jeunesse (3 ans et +)  
Le prodigieux,Kenneth Oppel, Québec Amérique (10 ans et +)  
La main de fer,Sonia K Laflamme, Hurtubise (12 ans et +)  
Si loin de toi,Tess Sharpe, Robert Laffont (14 ans et +)  
 
Tryptique CASTING, éditions de La Bagnole (10 ans et +)  
- Simon Boulerice et le roman Victor  
- Chloé Varin et le roman Charlotte  
- Stéphanie Lapointe et le roman Victoria

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes


Archives par date ou consultez les archives du site
dim
lun
mar
mer
jeu
ven
sam
 
 
 
123
4
5
67
8
910
11
12
1314151617
18
19
202122232425
26
27282930
 
 

Prochainement à l'émission

Consultez le guide horaire

Dernière baladosiffusion disponible

Plus on est de fous, plus on lit!

Réseaux Sociaux Devenez fans Suivez-nous sur Twitter
Hiver 2015100 incontournablesArts et divertissement - LittératureSur les traces de Kerouac, le livre numérique