ICI Radio-Canada Première

Plus on est de fous, plus on lit!

Plus on est de fous, plus on lit! rss

En semaine de 13 h à 15 h 
(en rediffusion à 1 h)

Marie-Louise Arsenault

Plus on est de fous, plus on lit!

Archives

dim
lun
mar
mer
jeu
ven
sam
 
12345
6
7
89101112
13
14
15
16
171819
20
21
2223242526
27
28
2930
 
 
 
 

Les meilleurs moments : Émission du mardi 16 septembre 2014


Livres

India Desjardins : pourquoi j'écris

India Desjardins n'était qu'une enfant que, déjà, la passion de l'écriture l'habitait. « Je pense que, pour moi, ça a toujours été naturel. Comme un besoin vital. » L'écrivaine originaire de Québec a publié son roman Les aventures d'India Jones en 2005, et a conquis le public adolescent avec Le journal d'Aurélie Laflamme . Alors que le deuxième tome de La célibataire , une bande dessinée illustrée par Magalie Foutrier, est lancée ces jours-ci, India Desjardins a accepté de répondre au questionnaire « Pourquoi j'écris ».
 
 
 
À quel âge avez-vous écrit votre premier texte? 
J'ai chez moi, en souvenir, de petits romans que j'écrivais à l'âge de 8 ans. Je prenais ça très au sérieux. Je faisais une page couverture, j'avais inventé une maison d'édition, un nom de collection. C'était toujours un personnage féminin qui vivait des aventures.  
 
Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire? 
Je pense que, pour moi, ça a toujours été naturel. Comme un besoin vital. Je l'ai toujours fait. Si je passe une journée sans écrire, j'écris de vraiment trop longs courriels ou de trop longs statuts Facebook! 
 
J'ai eu envie d'écrire un roman quand j'avais 25 ans. Je venais de laisser tomber mon poste de journaliste culturelle au Journal de Montréal. Je ne savais plus quoi faire. Et la seule chose que j'aimais vraiment, c'était d'écrire le journal intime de Marie-Cool dans le magazine Cool et des courriels à mes amies sur mes aventures de célibataire. J'ai pensé rassembler mes courriels d'aventures de célibataire et je me suis dit que ça ferait peut-être un bon roman humoristique.  
 
Vos parents étaient-ils fiers de vous? 
Mes parents m'ont toujours laissée libre de faire ce que je voulais, en étant fiers de moi, peu importe mes choix. Ça fait cucul dire ça, mais c'est la vérité. Ils sont surtout fiers que je sois une personne travaillante, que je fasse ce que j'aime et que je l'aie fait par moi-même. Quand ils me parlent de leur fierté, ce qu'ils soulignent, c'est surtout l'indépendance que j'ai conservée à travers mes choix.  
 
Pourriez-vous nous lire un extrait d'un texte de jeunesse?  
Voici une petite histoire que j'ai écrite quand j'avais 8 ans. Je laisse les fautes de temps de verbe et de syntaxe, car c'est plus drôle. Zéro orgueil. 
 
L'ombre d'une sorcière « Tout le monde sait que les sorcières n'existent pas. Mais un jour, une petite fille a vu l'ombre d'une sorcière. Je vais vous raconter l'histoire. C'était vendredi 13, une petite fille se promenait dehors en se disant « Je crois que ce sera une journée épeurante! » Elle ramassait des fleurs. Tout à coup, elle vit une ombre dans le ciel. Elle crut que c'était une sorcière. On ne sait jamais, tout d'un coup! Elle décida de mener une enquête. L'enquête dura toute la journée. Le soir, elle trouva la sorcière et lui dit « Partez! Sinon, on vous tuera! » « Je n'ai pas peur, dit la sorcière, ce sont eux qui auront peur de moi! Viens avec moi, je vais t'amener sur la Lune. » La petite fille était très contente d'avoir été sur la Lune. Elle espère que le prochain vendredi sera un vendredi 13 pour revoir la sorcière qu'elle aime. C'est une gentille sorcière. » 
 
Qui vous a donné votre première chance? 
Marie-Claude Bonneau, ma rédactrice en chef du magazine Cool. Un jour, j'avais 22 ou 23 ans, j'étais chez moi et je priais littéralement pour une pige pour payer mon loyer. Le téléphone a sonné, c'était elle. Elle m'a commandé un texte sur le film Titanic. J'ai voulu montrer dans cet article qu'elle ne pourrait plus jamais se passer de moi! J'ai tout donné! Puis, elle m'a adoptée. Quand je lui ai proposé de faire Le journal intime de Marie-Cool, elle m'a laissé une chance. Je lui serai toujours reconnaissante.  
 
Quel est le meilleur conseil qu'on vous a donné? 
Je crois que c'est Marie-Claude qui me l'a donné, c'est de faire un plan. Je fais toujours des plans. Pour moi, ça enrichit l'histoire, l'écriture. On peut en déroger un peu, il ne faut pas que ce soit une prison. Mais ça me rassure de savoir où je m'en vais et je peux planter des indices.  
 
À quel moment avez-vous compris que ça deviendrait votre métier?  
Je ne l'ai jamais compris, même encore aujourd'hui! Pour moi, c'est important de conserver mes doutes, de ne rien tenir pour acquis. Chaque fois que je sors un livre, et que le public aime ça, je me dis : « Youpi! J'ai un sursis! Je peux en faire un autre! » Pour vrai. C'est comme ça.  
 
Quel autre métier avez-vous exercé? 
Adolescente, j'ai été monitrice dans un camp d'été et vendeuse dans une boutique de vêtements. Ensuite, au début de la vingtaine, j'ai été journaliste, puis chroniqueuse à la télé. Je me souviens d'une époque où je voulais devenir journaliste à la télé. Je n'arrêtais pas d'envoyer des démos et je n'étais jamais choisie. À force de subir des échecs et des refus, j'ai trouvé ma véritable voie, celle de l'écriture de fiction.  
 
Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première oeuvre publiée? 
Cette histoire est assez spéciale, car elle a été teintée par la maladie. Mon livre avait été difficile à faire publier, j'avais encore une fois subi plusieurs refus avant que quelqu'un dise oui, et je me sentais alors prête à tout pour m'accomplir. Puis, une ou deux semaines plus tard, j'ai eu une embolie pulmonaire et j'ai failli mourir. À l'hôpital, je me souviens avoir eu la réflexion « Ce n'est pas mon livre qui me tient la main. » Alors je n'ai plus jamais vu les choses de la même façon.  
 
Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail? 
Quand j'écris, c'est d'utiliser mon imaginaire. Mais depuis quelques années, j'avoue avoir une passion pour les visites dans les salons du livre et la rencontre du public. Je ne pourrais plus m'en passer. Écrire, c'est vraiment un métier solitaire. Alors quand je peux rencontrer des gens, avoir des échanges, ça m'inspire et ça me motive. 
 
Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fière? 
C'est sûr qu'Aurélie reste pour moi quelque chose de très important. J'ai eu envie de mettre des mots sur les émotions incontrôlables de l'adolescence, dans une quête existentielle typique à cette période. Quand un ou une ado me dit : « Ça m'a aidée à traverser mon adolescence », c'est le plus beau cadeau qu'on puisse me faire. Parce que je l'ai fait pour donner ce qu'à cette période, j'aurais aimé qu'on me donne. 
 
Quel mot ou signe de ponctuation affectionnez-vous particulièrement? 
Je ne sais pas. Mais dans Aurélie, j'ai aimé jouer avec la ponctuation. Pour moi, ça représente les émotions. Plusieurs points d'exclamation après « Non ». Ou un simple point après « Youpi ». Je n'ai pas respecté toutes les règles de grammaire concernant la ponctuation. Mais je voulais surtout qu'on ressente les émotions que le personnage vivait.  
 
On ne parle que de soi : commentez. 
Je dirais que tout part de soi, mais si on ne parle que de soi, c'est trop hermétique et égocentrique. Moi, ça ne m'intéresse pas d'écrire sur moi. Je préfère utiliser mon imaginaire et trouver une corde sensible commune à plusieurs et jouer avec cette corde pour la faire résonner.  
 
Êtes-vous sensible aux commentaires? 
Je suis la plus grande critique de moi-même. Donc, rien de ce qu'on pourrait me dire ne pourrait m'atteindre, car je me suis dit pire. Je suis plutôt du genre à écouter les commentaires et à les appliquer si c'est en accord avec ce que je suis. Par contre, quand ça concerne ma personnalité, mon rire ou la couleur de mes dents (expériences vécues), là, je deviens plus sensible...  
 
Pourquoi ou pour qui écrivez-vous? 
J'écris d'abord des histoires. Et j'essaie d'être intègre et authentique dans ce que j'ai envie de raconter et comment je veux le faire. Je pense qu'il faut trouver un équilibre entre écrire pour soi et écrire pour les autres. Parce que je ne veux pas me faire une thérapie par mes livres et je ne veux pas non plus écrire pour un public x et penser aux ventes. Je choisis un sujet qui me fait vibrer, une histoire que je veux raconter, et j'écris à partir de là. Donc, j'écris peut-être pour l'histoire que j'ai besoin de raconter... 
 
Quel lieu ou quelle ville vous inspire? 
Quand j'écrivais Aurélie, c'était un hybride entre la banlieue de Québec de mon adolescence, Montréal que j'habite maintenant, la Beauce de ma grand-mère... Quand on a fait la célibataire, Magalie (l'illustratrice, qui est française), m'a demandé « On campe ça où? À Montréal ou à Paris? » Et j'ai répondu : « On fait un mélange. On lui crée son propre monde qui sera un mélange entre nos deux cultures. » Finalement, pour le tome 2, Magalie ne m'a pas posé la question, elle est trop amoureuse du Québec. Alors elle s'est inspirée du Québec. Même si ça reste une perception plus qu'un dessin à l'échelle précise du Québec. 
 
Avez-vous expérimenté la création sous l'influence de drogues ou de l'alcool? 
Ma seule influence, c'est le chocolat et le thé Earl Grey... Donc, oui!? 
 
En vous relisant, à jeun, vous êtes-vous trouvée bonne? 
Sous l'influence du chocolat, j'écris bien des niaiseries. ;) 
 
Quel serait l'honneur qui vous comblerait le plus? 
Je n'ai jamais pensé à ça... C'est déjà un privilège pour moi quand parfois on m'envoie des photos de mes livres qui sont sous le sapin de Noël ou dans une boîte de cadeaux de fête. Ou qu'un jeune fasse un exposé sur mes livres! Ça, c'est l'honneur suprême! Sinon, l'autre jour, un jeune garçon m'a écrit que mon personnage de Jean-Félix, dans Aurélie, l'a aidé à assumer qui il était et à faire son coming-out auprès de ses parents et son entourage. Ça m'a fait pleurer. Il n'y a pas plus grand honneur que d'accompagner un jeune, par un livre, dans quelque chose de si important.  
 
Comment souhaiteriez-vous que l'on se souvienne de vous? 
Quand je vais être morte, je ne reviendrai pas en fantôme pour voir si j'ai marqué le monde, alors je n'ai jamais pensé à ça. Mais si j'ai pu faire une petite différence dans la vie de certains ados, si j'ai pu faire rire ou toucher certains lecteurs avec mes histoires, ça me comble de joie. 
 
Référence :  
 
La célibataire : tome 2, India Desjardins et Magalie Fourtier, Éditions de l'Homme, septembre 2014

EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - India Desjardins sur Twitter
HYPERLIEN - India Desjardins sur Facebook
HYPERLIEN - Site de La célibataire aux éditions de l'Homme

Société

Catherine Perrin : le deuil de sa mère

L'animatrice de Médium large, Catherine Perrin.
L'animatrice de Médium large, Catherine Perrin.     Photo : Radio-Canada/Claudia Timmons

« Maman est morte le 27 mars 2012, à l'âge de 76 ans. Il faut commencer par-là, même si ça fait mal. (...) C'est sa disparition qui a éveillé en moi le besoin de raconter. » L'animatrice Catherine Perrin venait tout juste de sortir des ondes lorsqu'elle a appris le décès de sa mère, Louise Adam. Le choc. Dans Une femme discrète, elle fait le récit de la maladie dégénérative rare dont a souffert sa mère pendant les dernières années de sa vie, en plus de proposer une enquête sur le cerveau, la mémoire et les chocs subis dans l'enfance. 
 
Référence : 
Une femme discrète, Catherine Perrin, éditions Québec Amérique, septembre 2014. 
Ce livre est offert en librairie et, en version électronique, sur iTunes.  

EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - Catherine Perrin sur Twitter

Société

Camus, les justes et le terrorisme

Un portrait de l'écrivain français Albert Camus, en 1957.
Un portrait de l'écrivain français Albert Camus, en 1957.     Photo : AFP/Getty Images

Alors que les images d'otages tués envahissent le web et que les États-Unis mènent des raids aériens contre l'État islamique, notre collaborateur Thomas Hellman propose une réflexion sur le terrorisme et l'engagement à travers une relecture des Justes, d'Albert Camus. Comment peut-on justifier un meurtre? Quand la violence devient-elle légitime? Voici quelques-unes des questions soulevées dans cette pièce de théâtre présentée pour la première fois à Paris, en 1949.  

EN COMPLÉMENTHYPERLIEN - Thomas Hellman sur Twitter

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes


Archives par date ou consultez les archives du site
dim
lun
mar
mer
jeu
ven
sam
 
12345
6
7
89101112
13
14
15
16
171819
20
21
2223242526
27
28
2930
 
 
 
 

Prochainement à l'émission

Consultez le guide horaire

Dernière baladosiffusion disponible

Plus on est de fous, plus on lit!

Réseaux Sociaux Devenez fans Suivez-nous sur Twitter
Hiver 2015100 incontournablesArts et divertissement - LittératureSur les traces de Kerouac, le livre numérique