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Pourquoi j'écris : Marc Séguin

Le mardi 6 octobre 2015

Marc Séguin
Marc Séguin     Photo : Stéphanie Dufresne/Radio-Canada

À l'occasion de la sortie de son nouveau roman Nord Alice, le peintre, romancier, père de quatre enfants et nouvellement cinéaste Marc Séguin répond à notre questionnaire littéraire.  
 
À quel âge avez-vous écrit votre premier texte? 
Le jour de mes 19 ans. Avec la peur au cul. 
 
Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire? 
Le plaisir de lire et la peur du temps. 
 
Vos parents étaient-ils fiers de vous? 
Je ne leur ai jamais dit [que j'écrivais].  
 
Pourriez-vous nous lire un extrait d'un texte de jeunesse? 
 
La brume erre dans mon sol 
et les mots seront muets 
 
le calme berce la tempête 
et s'apaise du présent. 
 
Que la tête trempée de froid 
un silence crie qu'il va fendre 
mon crâne craque et rit 
 
Tais ces yeux de sueurs 
et referme tes jambes, 
 
Je suis passé. 
 
(1989) 
 
Qui vous a donné votre première chance ou vous a donné confiance? 
Leméac. L'éditrice Marie-Josée Roy. 
 
 
Le meilleur conseil qu'on vous a donné? 
Ne pas avoir peur d'aller fouiller dans mon sous-texte, même quand ça fait mal. C'est là qu'on trouve l'écriture.  
 
À quel moment avez-vous compris que ça deviendrait votre métier?  
Pas encore compris ça!  
 
Quel autre métier avez-vous exercé? 
Peintre d'églises et de granges. Et peintre (artiste). 
 
 
Quel sentiment avez-vous éprouvé lorsque vous avez vu votre première oeuvre publiée? 
De l'incrédulité. Et c'est encore pareil. Je n'arrive pas à réaliser que c'est sorti de ma tête. C'est beaucoup de mots, et pendant 30 ans, ils ont été des frayeurs.  
 
Quelle est votre motivation quotidienne? 
Mes envies. Et le temps que j'essaie de tuer avec des images et des mots. 
 
Qu'est-ce qui vous comble le plus dans votre travail? 
M'enfermer et être seul. N'être qu'à soi. En dessous de la surface des jours quotidiens. 
 
Dans tout ce que vous avez écrit, de quoi êtes-vous le plus fier? 
Une phrase amoureuse... et une autre. 
 
La phrase, le dialogue ou le texte dont on vous a le plus parlé? 
J'arrive pas mal à éviter les échos.  
 
Écrivez-vous à voix haute? 
Non, mais en révision, pour le mot à mot, oui. 
 
Un mot ou une ponctuation que vous affectionnez particulièrement, que vous aimez écrire? 
La majuscule au début d'une phrase, et le mot « sauvage ». 
 
On ne parle que de soi : commentez 
Peut-être, mais il faut impérativement éviter le miroir de la complaisance. Il faut crier qui on est, pas l'écrire par chuchotement. Les mots, quand ils sont bien servis, nous suggèrent autrement mieux que le je qui parle.  
 
Avez-vous déjà été censuré? 
Oui. Surtout aux États-Unis, en arts visuels. 
 
Êtes-vous sensible aux commentaires, aux critiques ou au regard des autres? 
À trois personnes. Qui ont droit de vie ou de mort sur ce que je fais. 
 
Pourquoi ou pour qui écrivez-vous? 
J'ignore, heureusement, à qui j'écris. Je préfère soupçonner les lecteurs. Je suis toujours surpris de savoir que je suis lu. Je sais, en revanche, que j'écris très certainement pour avoir l'illusion d'exister un peu. Et aussi pour mes enfants.  
 
Comment imaginez-vous vos lecteurs? 
Je les espère seuls avec leurs livres, libres et intelligents. Forts et fragiles.  
 
Avez-vous été étonné par certaines perceptions qu'on avait de votre travail? 
On confond trop souvent l'objet d'art et la personne qui fait le geste. 
 
Un lieu ou une ville qui vous inspire? 
L'Arctique et la toundra. Fuck le Sud. 
 
Avez-vous expérimenté la création sous influence? 
Il y a très longtemps. Depuis, je suis plate. Ce que j'aime faire est plate! 
 
En vous relisant, à jeun, vous êtes-vous trouvé bon? 
Jamais. L'alcool fausse mes vérités...  
 
Quel serait l'honneur qui vous comblerait le plus? 
Euh...la Pléïade! J'ai déjà été comblé un jour en croisant dans un café une personne qui lisait un de mes romans avec un sourire. 
 
Comment souhaiteriez-vous que l'on se souvienne de vous? 
Eille, chus pas mort! Mais je m'en fous. 
 
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