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Arts et culture

L'abécédaire du féminisme : J pour Janette, K pour khôl, L pour lèvres, M pour mère

Le mercredi 19 février 2014

L'auteure Hada Lopez, la journaliste Judith Lussier et la militante Monia Mazigh.
L'auteure Hada Lopez, la journaliste Judith Lussier et la militante Monia Mazigh.     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

En octobre dernier, le site américain Jezebel faisait paraître une encyclopédie consacrée aux femmes. Plus on est de fous, plus on lit! continue la construction de sa réponse bien canadienne, en explorant, avec l'aide d'invitées, les mots marquants du féminisme. La journaliste Judith Lussier, l'auteure Hada López et la militante Monia Mazigh proposent des entrées pour les lettres J, K, L et M. 
 
Féminisme de privilégiée 
Pour Judith Lussier, la lettre J va à « Janette », du prénom de l'auteure, animatrice et scénariste Janette Bertrand. Le respect dû à cette pionnière du féminisme n'a d'égal que la déception ressentie lorsqu'elle a chapeauté un mouvement d'appui de femmes au projet de charte québécoise des valeurs, à l'automne 2013.  
 
« J'ai été déçue du peu de réflexion que j'ai senti, note Judith Lussier. C'est un féminisme de privilégiée. » 
 
La lettre K est pour « kamikaze », une métaphore avisée pour désigner toute féministe s'exprimant sur Internet. L est pour « lutte », une façon malheureuse de voir la marche vers l'égalité des sexes, et M est pour « mère », qui marque le dilemme constant de toute femme et de l'histoire du féminisme en général. 
 
Précurseures 
Hada López donne la lettre J à « jouissance ». « On pense tous au sexe quand on parle de jouissance, mais on oublie toutes les autres significations du mot. Beaucoup de femmes n'ont aucune jouissance », rappelle-t-elle. K est pour Kateri Tekakwitha, cette Iroquoise devenue religieuse au 17e siècle, puis canonisée en 2012 par Benoît XVI. L est pour « lèvres », cette partie de l'anatomie qui passe trop souvent sous le bistouri, et M est pour Joséphine Marchand-Dandurand, militante féministe au 19e siècle. 
 
Outils libérateurs 
Monia Mazigh associe la lettre J à « jupe-culotte », ce vêtement qui a permis aux femmes de s'adonner à des activités sans contrevenir aux règles de bienséance. K est pour « khôl », cette arme de séduction massive dont les femmes arabes se servent depuis l'Antiquité. L est pour « laveuse », invention qui a libéré les femmes de leurs tâches ménagères et M est pour « Malala », du prénom de la jeune Afghane Malala Yousafzai, survivante d'une attaque des Talibans, devenue depuis le symbole de la lutte contre le radicalisme religieux.  
 
« On parle tout le temps de la pilule, mais on oublie de parler de la machine à laver, signale Monia Mazigh. C'est grâce à la laveuse que beaucoup de femmes ont pu aller sur le marché du travail. »


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