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Santé

Éducation : la lutte contre l'anxiété de performance ouvre la porte aux dérives

Le mardi 7 mars 2017

Sonia Lupien et Stéphane Guay
Sonia Lupien et Stéphane Guay     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

En voulant protéger les étudiants d'un mal qui mine leurs performances, on risque d'éliminer des occasions d'apprentissage. C'est ce que craignent Stéphane Guay, psychologue spécialiste de l'anxiété, et Sonia Lupien, chercheuse en neurosciences. Ils réagissent à la hausse des diagnostics d'anxiété de performance chez jeunes et aux mesures prises par certains établissements d'enseignement pour les accommoder. En compagnie de Martin Prévost, directeur adjoint et responsable des services adaptés au Cégep du Vieux-Montréal, ils expliquent à Catherine Perrin que l'anxiété de performance cache souvent des maux plus profonds encore.  
 
Au Cégep du Vieux-Montréal, les mesures d'accommodement, en cas de diagnostic d'anxiété de performance, comprennent des travaux ou des heures de cours supplémentaires. « L'important, c'est d'évaluer si l'étudiant a acquis la compétence », fait remarquer Martin Prévost. Il rappelle qu'avant d'en arriver là, il existe des services adaptés pour apprendre, par exemple, à mieux organiser son travail ou à développer de meilleures stratégies d'apprentissage. Si des épreuves doivent être remplacées, il affirme que celles qui sont retenues sont conformes aux devis ministériels. « Il ne faut pas trop s'attarder à la forme de l‘évaluation. » 
 
Les dangers du soulagement
 
« Il y a un principe qu'il ne faut pas renforcer, et c'est l'évitement, explique Stéphane Guay. Quand on se dit : "Oh, mon Dieu, j'ai une évaluation à faire" et que, tout d'un coup, cette évaluation est enlevée, il y a un soulagement qui s'ensuit. Ce soulagement devient une forme d'apprentissage qui va générer encore plus d'anxiété lors d'une future épreuve. À ce moment-là, il n'y a pas d'apprentissage inverse qui se fait. » 
 
Résistance trop faible
 
« On pense que s'il y a de plus en plus de cas de dépression chez les jeunes adultes, c'est parce qu'on n'a pas aidé nos enfants à développer leur résistance au stress, propose Sonia Lupien. En les surprotégeant, en évitant toute petite forme de stress, on [les amène à] penser encore que le stress est négatif, tout le temps. [...] On semble mélanger stress, anxiété, anxiété de performance... En surprotégeant les jeunes de tous les petits stress de la vie, je ne suis pas certaine qu'on les aide. »


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