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Catherine Perrin

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Santé

Des pilules pour traiter la peine d'amour

Le mercredi 15 février 2017

Michelle Lonergan
Michelle Lonergan     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Pensées obsessives incontrôlables, difficultés à fonctionner... Pour Michelle Lonergan, chercheuse spécialisée en troubles du stress post-traumatique (TSPT), ces comportements résultant d'une peine d'amour sont aussi incapacitants que si la personne avait vécu un événement traumatique. Son équipe s'attaque à la trahison amoureuse avec un traitement semblable à celui pour un TSTP, soit à base de médicaments, et les résultats sont encourageants. Michelle Lonergan explique à Catherine Perrin comment le traitement arrive à adoucir les souvenirs pour les rendre plus faciles à gérer. 
 
« Souvent, ce qu'on voit chez les gens qui se sont fait tromper, ce sont des pensées ou des images qui jouent en boucle, indique la chercheuse. Ils se font dans leur tête des scénarios de leur partenaire avec quelqu'un d'autre, et [...] ils ne sont pas capables d'y échapper. On peut avoir de la difficulté à dormir, peur de se refaire trahir encore, on a peine à faire confiance, on peut faire de l'évitement... » 
 
Le pouvoir insoupçonné des souvenirs 
À l'occasion d'une thérapie de six séances, son équipe administre aux sujets volontaires un bêtabloquant, comme le propanol. Lors de chaque séance, les sujets doivent raconter le récit de leur traumatisme amoureux, jusqu'à ce que celui-ci leur semble plus tolérable. Mme Lonergan note une amélioration de 56 % chez les trois quarts des sujets.  
 
« On pense que la raison pour laquelle certains souvenirs sont très émotifs est qu'ils causent une surcharge de l'activation noradrénergique du cerveau. Le souvenir réactive tout le système émotionnel du cerveau, et quand le souvenir est réenregistré, il est réenregistré encore plus fort. [...] Ce médicament bloque le système, précise la candidate au doctorat. Si l'on confronte le souvenir sous l'effet de ce médicament, il est réenregistré avec une intensité ou une force moins prononcée. Donc, on est capable de mieux gérer [la douleur]. »


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