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Sports

Hockey féminin canadien : histoire d'une frustrante course à obstacles

Le mercredi 4 janvier 2017

Danièle Sauvageau et Logane Rhéaume
Danièle Sauvageau et Logane Rhéaume     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Plus de 100 ans avant que Manon Rhéaume ne brise le plafond de verre en disputant quelques matchs au sein de la Ligue nationale de hockey, le hockey féminin se pratiquait au Canada. Son évolution a été freinée par les guerres, la religion et les préjugés. Logane Rhéaume, défenseure des Carabins de Montréal et nièce de Manon Rhéaume, Lynda Baril, auteure, et Danièle Sauvageau, directrice générale du programme de hockey féminin de l'Université de Montréal, expliquent à Philippe Desrosiers que l'absence de fonds freine la progression d'une branche importante du hockey. 
 
Lynda Baril rappelle que, dès la création du hockey à l'Université McGill en 1875, les femmes étaient conviées à jouer aux côtés des hommes. « L'une des premières à jouer était la fille de lord Stanley, celui qui nous a donné la Coupe Stanley, raconte-t-elle. Pendant la Première Guerre mondiale, il y a eu d'immenses vedettes. Albertine Lapensée était une grande, grande vedette. Elle attirait 3000 personnes par match dans l'est de Montréal. Elle faisait les manchettes du Devoir, de La Presse, du Montreal Star... Il y a toujours eu des vedettes, mais qui sombraient dans l'oubli. »  
 
Un sport « péché » 
C'est l'Église catholique qui aurait scellé le sort des femmes dans le hockey en qualifiant leur participation de péché : « La job des filles, c'était de se marier, de faire des enfants. Elles ont dû dissoudre leurs équipes et leurs parents les ont empêchées de continuer. » 
 
Trop peu de visibilité 
Selon Danièle Sauvageau, le hockey féminin reçoit, à l'instar de l'ensemble du sport féminin, une visibilité inférieure à sa popularité véritable. « Le hockey féminin, le sport féminin a le défi d'avoir cette visibilité qui permettrait aux joueuses d'avoir des commanditaires, des entrées de sous qui permettraient à nos joueuses de ne plus payer pour jouer, de pouvoir, à la limite, être reconnues, affirme-t-elle. En 2016, une année olympique où les femmes ont gagné la plupart des médailles à Rio pour le Canada, elles ont seulement pris 1 % de la part de marché médiatique au Québec. C'est très peu. Trop peu. C'est ça qu'il faut continuer à changer pour que les préjugés tombent, pour créer de l'emploi. » 
 
Progrès notable 
Logane Rhéaume ne nie pas que le hockey ait encore du chemin à parcourir pour intégrer les femmes, mais constate le progrès parcouru depuis les exploits de sa tante. « C'est sûr qu'il y aura toujours des préjugés, comme dans n'importe quoi concernant les filles et le sport. Il y en a de moins en moins, dit-elle. C'est une amélioration qu'on voit d'année en année. Avec les Olympiques, avec les Canadiennes de Montréal qui essaient de se faire reconnaître, et le Canadien qui les a pris sous son aile... De plus en plus, le hockey s'améliore. Il y a moins de préjugés. Ça devient plus comme la version masculine [du sport]. »


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