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Catherine Perrin

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Économie et affaires

Charbon américain : « Le bon vieux temps ne reviendra pas »

Le vendredi 25 novembre 2016

Hugo Séguin et Tamara Atléresco
Hugo Séguin et Tamara Atléresco     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Il n'est pas étonnant que les Américains aient élu un président qui promet de faire revivre l'industrie du charbon, puisqu'on leur fait croire depuis des années qu'Obama est responsable de son déclin et qu'un « charbon propre » est possible. C'est ce que font valoir Tamara Altéresco, journaliste, et Hugo Séguin, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM). Ils expliquent pourquoi, en dépit des intentions de Donald Trump, l'industrie du charbon ne risque pas de renaître.  
Les États-Unis, où plusieurs régions dépendent du charbon, souffrent encore des 830 000 emplois perdus depuis 2008. 
 
Tendance prolongée 
« C'est une tendance qui existe déjà depuis très longtemps, le déclassement du charbon, souligne Hugo Séguin. Essentiellement pour des raisons technologiques [et pour] des raisons économiques. Le gaz de schiste, aux États-Unis, a tué une grande partie de la demande de charbon pour la production d'électricité. Ce n'est pas parce qu'Obama est arrivé que le gaz de schiste est arrivé. Au contraire. [...] Les gens, je pense, ont accepté cette histoire qu'avant, c'était merveilleux et que depuis Obama, c'est la catastrophe. » 
 
Selon le chercheur, la véritable question est de savoir quoi faire avec les communautés et les travailleurs qui ont longtemps dépendu du charbon.  
 
Lien identitaire
 
Tamara Altéresco a réalisé, plus tôt cet automne, un reportage à Grundy, en Virginie. Elle y a constaté à quel point le charbon faisait partie de l'ADN de ses habitants. « Quand on sort de l'école dans une ville comme Grundy – mais ça peut être au Kentucky, ça peut être en Virginie-Occidentale –, soit on se spécialise dans une technique quelconque – on va être assistant dentaire et on va faire 35, 40 000 $ par année –, soit on fait comme papa, comme grand-papa ou comme l'arrière-grand-papa et on va travailler dans le charbon, et on fait 80 000 $. On a toute une génération qui n'a pas d'éducation, pour qui il n'y a pas de solution de rechange. C'est identitaire. Il n'y a pas eu de transition. »


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