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Société

Vaudreuil-Dorion, la ville qui savait intégrer ses immigrants

Le mardi 15 novembre 2016

Michel Vallée, Jasmine Sharma et Guy Pilon
Michel Vallée, Jasmine Sharma et Guy Pilon     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

La ville de l'ouest de Montréal recevait le 27 octobre un prix international du Réseau mondial des villes, gouvernements locaux et régionaux, pour son programme Je suis. Il s'agit d'un programme de médiation culturelle, qui permet aux citoyens d'horizons et d'origines différents de mieux se connaître grâce à des activités et à des ateliers. Guy Pilon, maire de Vaudreuil-Dorion, Michel Vallée, directeur du Service des loisirs et de la culture, et Jasmine Sharma, citoyenne de Vaudreuil-Dorion, expliquent à Catherine Perrin comment le programme Je suis permet d'éviter la ghettoïsation et le profilage. 
 
Vaudreuil-Dorion a fait l'objet d'importants changements démographiques depuis 20 ans. Sa population est passée de 18 000 à 37 500 habitants, et sa proportion de nouveaux arrivants issus de l'immigration, de 5 % à 48 %.  
 
Le pari de la mixité 
« Souvent, on va parler d'intégration des communautés culturelles, on va parler d'intégration des différences à la société. Nous, nous avons plutôt pris l'angle de la mixité, dit Michel Vallée. Il s'agit de créer des activités, des occasions, où les gens, toutes différences confondues, que ce soit sur le plan culturel ou de l'âge [...] peuvent se mêler [les uns aux autres]. Il s'agit de proposer des activités qui permettent aux gens d'échanger et de remarquer la richesse de l'autre. » 
 
Briser l'isolement 
« [Le programme] Je suis m'a permis de briser l'isolement, raconte Jasmine Sharma. J'ai fait une dépression après [avoir accouché de] ma deuxième fille. Mon médecin et ma psychologue m'ont encouragée à trouver des activités que je pourrais faire avec les enfants pour découvrir ma communauté et me découvrir moi-même. Je suis m'a vraiment permis de me tisser une place dans ma communauté, de sortir des quatre murs de ma maison, d'interagir avec des gens et de développer des amitiés que je n'aurais pas développées sans ce programme. »  
 
Travailler en amont 
Guy Pilon explique pourquoi Vaudreuil-Dorion a réussi là où tant d'autres échouent : « Les gens [d'ailleurs] ont travaillé après que le problème se soit incrusté. Nous, nous travaillons en amont, souligne-t-il. Dès qu'on s'est aperçu de la possibilité qu'il y ait une vague d'immigration, [on s'est demandé] : "Comment fait-on pour empêcher que nos citoyens de souche – j'en suis un [...] – ne se sentent plus chez eux?" Ces activités, qui ont été faites en petits groupes ou en grands groupes, ont fait en sorte que ces gens se sont connus. »


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