#2a##5j##3# #5# Tripler la population canadienne? Une mauvaise solution | Médium large | ICI Radio-Canada Première
Radio-Canada - zone Radio

Médium large

Médium large rss

En semaine de 9 h à 11 h 30 
(en rediffusion à 22 h)

Catherine Perrin

Médium large
Logo Radio-Canada

Société

Tripler la population canadienne? Une mauvaise solution

Le mardi 25 octobre 2016

Philippe Hurteau, Steven Guilbeault et Benoît Laplante
Philippe Hurteau, Steven Guilbeault et Benoît Laplante     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Augmenter les seuils d'immigration afin de stimuler la croissance économique exercerait des pressions sur nos ressources naturelles, ne réglerait pas nos problèmes quant à l'accueil des immigrants et n'enrichirait pas le Canadien moyen. C'est ce que croient André Morin, maire de Grosses-Roches, Philippe Hurteau, politologue, Steven Guilbeault, directeur d'Équiterre, et Benoît Laplante, professeur à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS). Au micro d'Isabelle Craig, ils évaluent une proposition de conseillers de Justin Trudeau de tripler la population du Canada d'ici 2100. 
 
« Je reste un peu sceptique. Le lien entre la proposition et la solution n'est pas du tout évident, souligne Benoît Laplante. C'est bien beau d'augmenter le produit intérieur brut (PIB), mais si on n'augmente pas le PIB par habitant, en proportion, le Canadien ordinaire ne sera pas plus riche. » 
 
De la théorie à la pratique
 
Steven Guilbeault est partagé entre le pour et le contre. « Si les gens trouvent qu'il y a de la circulation le matin sur Décarie ou sur la 40, imaginez Montréal avec 12 millions d'habitants! Sur le plan de l'utilisation des ressources, de l'énergie, de la gestion des matières résiduelles et du territoire, ce sont des pressions très, très importantes », indique-t-il.  
 
En principe, toutefois, la proposition a sa valeur, puisque l'immigration due aux changements climatiques est appelée à augmenter : « Les Canadiens ont été de grands contributeurs aux changements climatiques. Est-ce qu'on n'a pas une responsabilité? » 
 
Les investissements d'abord
 
André Morin voit mal comment l'immigration aidera à stimuler les investissements privés dans les régions. « De l'argent, on en a. Ce sont les projets qu'on n'a pas. Les jeunes s'en vont parce qu'il n'y a pas de développement, déplore-t-il. Donc, on reste prisonniers de notre matière première, qu'on exporte. [...] Je veux bien que les économistes travaillent avec audace, mais ça ne nous garantit pas qu'on pourra développer nos régions d'abord pour nous, et ensuite pour les autres. » 
 
Les écueils de l'accueil  
Selon Philippe Hurteau, le Canada doit d'abord apprendre à mieux intégrer ses immigrants. « On est incapables de leur donner les incitatifs adéquats pour qu'ils aillent vivre en région, fait-il valoir. Qu'est-ce qu'on leur fait faire? On leur fait conduire des taxis. Il y a un refus de reconnaître leurs compétences. [...] Si on veut effectivement passer de 300 000 à 450 000 [immigrants arrivés annuellement], il va falloir qu'on ait un sérieux examen de conscience sur la manière dont on accueille les gens. »


Créer un compte

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes

Chroniques récentes

10 avril 2017

Plaidoyer pour un meilleur diagnostic de la maladie de Lyme au Canada

10 avril 2017

La crise de l'emploi, préoccupation majeure pour les Français

10 avril 2017

Dépôt cette semaine du projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana

7 avril 2017

Frappes en Syrie : l'absence de consultation avec les alliés inquiète

6 avril 2017

Pepsi : vie et mort d'une publicité catastrophique

5 avril 2017

Danielle Ouimet dévoile ce qui menace les entreprises