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Société

L'ennui chronique au travail : la monotonie qui fait souffrir

Le mardi 22 mars 2016

Diane Gabrielle Tremblay et Marie-Annick Boisvert
Diane Gabrielle Tremblay et Marie-Annick Boisvert     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Le livre Le bore-out syndrom : quand l'ennui au travail rendu fou, du chercheur Christian Bourion, rend compte de l'envers du surmenage, ou ces postes qui occupent si mal leurs employés que ces derniers frisent le mal-être. Diane Gabrielle Tremblay, professeure à l'École des sciences de l'administration de la TELUQ , et Marie-Annick Boisvert, consultante et communications, expliquent à Catherine Perrin comment l'impossibilité de se réaliser pleinement peut devenir étouffante. 
 
Marie-Annick Boisvert raconte qu'elle a connu l'ennui chronique quand, au sortir de ses études, elle a occupé un poste à l'accueil du Complexe Desdjardins, à Montréal. « Je pleurais beaucoup. J'ai perdu du poids parce que j'avais une espèce de boule dans la gorge, raconte-t-elle. Je me suis impliquée beaucoup pour combler ce manque de réalisation. Les cartes de fête de mes amis étaient de vrais scrapbooks, parce que j'avais du temps et j'avais besoin de créer. Comme ma job n'avait pas ce côté-là, il a fallu que je trouve une façon de l'exploiter. » 
 
Écouter pour valoriser 
Diane Gabrielle Tremblay suppose que ce problème est plus européen que canadien et québécois. Les compagnies d'ici ont acquis depuis longtemps le réflexe de couper tout superflu, alors que la France possède des lois qui rendent le licenciement plus difficile.  
 
Elle conçoit néanmoins qu'il puisse exister dans la fonction publique. « On dit aux entreprises qu'elles doivent faire des produits de qualité, qu'elles doivent innover, mais on leur dit aussi qu'elles doivent écouter leurs employés, qui ont probablement de très bonnes idées sur ce qu'elles pourraient faire, dit-elle. Il faut reconnaître que les grandes bureaucraties, que ce soit dans le privé ou dans le public, n'ont pas trop tendance à faire cela. Ceux d'en haut prétendent savoir ce qu'il faut faire et ne permettent pas à d'autres de faire preuve de créativité. »


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