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Société

Drogues récréatives : comment l'humain a acquis le goût de l'évasion

Le mercredi 17 février 2016

Des jeunes fumant de la marijuana
Des jeunes fumant de la marijuana     Photo : Associated Press/Brennan Linsley

La légalisation projetée de la marijuana a pris une place de choix sur le devant de la scène politique depuis l'arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, l'automne dernier. Le magazine The Economist y consacre également un dossier cette semaine. La psychologue Rachida Azdouz, l'historien André Champagne et la sociologue Valérie Harvey expliquent à Catherine Perrin les raisons qui poussent l'humain à consommer des drogues, ainsi que la place changeante des substances récréatives au fil du temps. 
 
De l'opium au pub 
André Champagne rappelle que jusqu'au 19e siècle, la société ne voyait pas les drogues comme néfastes. En Angleterre, on pouvait se procurer de l'opium dans les pubs, tandis qu'aux États-Unis, il n'y avait qu'à en commander par la poste. La reine Victoria était par ailleurs férue de haschisch. « En réalité, la dangerosité a vraiment été remarquée, analysée, perçue à partir de la fin du 19e siècle, lorsqu'on a commencé à réglementer la pharmacie, explique-t-il. Ça a pris le triomphe de l'esprit scientifique et académique pour réglementer. » 
 
Rôles sociaux nombreux 
Valérie Harvey souligne que la perception sociale des substances récréatives n'a que peu de lien avec le danger qu'elles représentent. Un rapport du gouvernement français datant de 1998 classe l'alcool dans la même catégorie que l'héroïne alors que la marijuana, elle, est classée parmi les drogues les moins dangereuses. La sociologue énumère également les différents rôles sociaux de l'usage de la drogue : pour modifier son rapport au monde, pour vivre en paix, pour fins thérapeutiques ou pour faciliter la conformité aux normes sociales. Elle cite Jean-Jacques Pin : « Ça permet à l'individu de se fondre dans la société en échappant à l'angoisse née de l'incapacité de répondre aux questions que lui posaient le monde. » 
 
Encadrer ou interdire? 
Rachida Azdouz revient sur les trois types de consommation de drogue d'un point de vue psychologique (usage, abus et dépendance) et décrit les motivations des partisans de l'encadrement comme celles des partisans de l'interdiction totale. « Ceux qui favorisent l'encadrement utilisent l'argument psychanalytique de Freud, comme quoi la transgression est source de plaisir. Donc interdire, c'est automatiquement favoriser la transgression, indique-t-elle. Mais on retrouve aussi les tenants de l'utilité identitaire : [...] un individu appartient à un groupe bien défini et il a intérêt à s'ancrer dans ce groupe en adoptant des attitudes qui vont parfois à l'encontre de son intérêt. »


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