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Isabelle Craig

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Société

L'uniforme, cet outil contraignant de reconnaissance sociale

Le mercredi 3 février 2016

L'allure des agents du Service de police de la Ville de Montréal, qui altèrent leur uniforme comme moyen de pression, exprime bien le lien d'amour-haine que nous entretenons avec cette coutume vestimentaire.
L'allure des agents du Service de police de la Ville de Montréal, qui altèrent leur uniforme comme moyen de pression, exprime bien le lien d'amour-haine que nous entretenons avec cette coutume vestimentaire.     Photo : PC/Graham Hughes

Il développe et exprime le sentiment d'appartenance, en plus de permettre un certain décorum, mais il restreint aussi l'individualité. De tout temps, l'homme s'est doté d'uniformes dans les sphères scolaires, religieuses et militaires, entre autres. La psychologue Rachida Azdouz, l'historien André Champagne, la sociologue Valérie Harvey et l'avocat Francis Leborgne rendent compte du lien amour-haine que nous entretenons avec ces parures agencées. 
 
Valérie Harvey décrit la fonction sociale de l'uniforme de même que le message qu'il transmet, parfois à notre insu. « L'uniforme de l'avocat, du juge, exprime le mérite basé sur les études, souligne-t-elle. Pensons à la collation des grades : on a la toge et le chapeau. On a le droit de pratiquer, il y a une certaine légitimité, ça donne de la crédibilité. Combien de gens se sont laissé flouer par des gens qui se présentaient bien? » 
 
Le prestige comme appât 
André Champagne parle des rôles changeants de l'uniforme dans l'histoire. Chez les militaires, il apparaît surtout à la fin du Moyen Âge, notamment pour contrer les désertions. « Le déserteur en uniforme, on le trouvait facilement, rappelle-t-il. Une des utilités de l'uniforme, c'est le prestige. Ça permet d'attirer des recrues, ça donne une distinction sociale. Il y a aussi le fait qu'à partir du moment où utilise les armes à feu, la poudre à canon, dans le tumulte de la bataille, pour identifier ses compagnons d'armes, il est important de les démarquer par des couleurs. »  
 
L'illusion de l'égalité 
Rachida Azdouz s'attarde à l'effet psychologique de l'uniforme, tant chez celui qui le porte que chez celui qui le voit. « L'uniforme permet de gommer les disparités et de combattre la dictature des marques », dit-elle à propos de son usage en milieu scolaire. « Sauf qu'on sait très bien que les disparités existent et que ça va au-delà d'un uniforme. » 
 
Vestige encombrant 
En tant qu'avocat de la défense, Francis Leborgne est touché par la nouvelle loi qui interdit aux magistrats de se présenter en cour habillés en civil. Il a pris position contre cette décision. Il évoque le dédain que suscite en lui la toge d'avocat, et ce, depuis le début de sa carrière. « C'est un vêtement médiéval qui affiche l'appartenance au pouvoir, l'appartenance au roi qui rendait justice, déplore-t-il. Je pense qu'encore aujourd'hui, ce vêtement-là traduit une étanchéité avec la population. On veut rendre la justice accessible, mais la toge suppose une affiliation plus grande avec le pouvoir qu'avec son client. Il y a conflit d'intérêts, à mon sens. »


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