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Isabelle Craig

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Santé

Santé mentale et assurances, une équation difficile

Le vendredi 29 janvier 2016

André Joncas, Carolane Stratis et Doris Provencher
André Joncas, Carolane Stratis et Doris Provencher     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Une personne ayant connu des problèmes de santé mentale peut se faire refuser d'être assurée par une compagnie. Un tel refus occasionne des obstacles pour toute autre recherche subséquente. La blogueuse Carolane Stratis a connu ce problème en raison de ses problèmes de dépression. En compagnie du courtier d'assurances André Joncas et de Doris Provencher, de l'Association des groupes d'intervention en défense des droits en santé mentale du Québec, elle explique à Catherine Perrin pourquoi, selon elle, cette pratique est injuste.  
 
Cafouillage 
Carolane Stratis est surtout déçue du délai qui a été nécessaire pour avoir sa réponse. Durant tout ce temps, sa compagnie lui a fait miroiter une réponse affirmative, la contactant à plusieurs reprises pour avoir plus d'informations. « Je trouve dommage qu'on n'ait pas regardé le portrait global de ma situation, qui est que, même si je ne gagne pas un salaire faramineux, je mets mon argent sur ma santé avant de m'acheter des vêtements ou d'aller au restaurant », fait-elle valoir.  
 
Décision élémentaire 
André Joncas rappelle que pour l'assureur, refuser une personne à risque est une décision d'affaires élémentaire. « C'est comme un bureau de crédit », affirme-t-il, expliquant que les compagnies canadiennes font toutes affaires avec le Bureau de renseignements médicaux (MIB), à Toronto, pour s'échanger des renseignements sur les requérants. Lorsqu'un client potentiel peut démontrer qu'une dépression était circonstancielle, il a de bonnes chances d'être accepté, moyennant une clause d'exclusion.  
 
Lorsque cette démonstration ne peut être faite, les choses se compliquent. « Les gens souhaitent toujours savoir combien une assurance coûte. Mais sont-ils assurables? Selon mon expérience, quatre personnes sur dix le sont difficilement », fait remarquer le courtier.  
 
Préjugés 
« C'est systématique. C'est plein de préjugés. On associe toujours les problèmes de santé mentale au danger, à la violence ou au suicide », déplore Doris Provencher, qui dit constater ce problème depuis ses 25 ans de travail en défense des droits. Selon elle, cacher des problèmes mentaux n'est pas une option. « Quand on découvre qu'on a menti, on est pénalisé aussi. C'est très embêtant. »


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