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Catherine Perrin

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Politique

Petite histoire des grands discours sur la colline du Parlement

Le mardi 28 juin 2016

Photo de la première visite du président américain Ronald Reagan au Parlement, en 1981. À sa droite : le premier ministre Pierre Elliott Trudeau
Photo de la première visite du président américain Ronald Reagan au Parlement, en 1981. À sa droite : le premier ministre Pierre Elliott Trudeau     Photo : PC/ANDY CLARK

Exercice diplomatique en apparence routinier, le discours d'un chef d'État lors d'une visite officielle peut receler des messages codés. C'est ce que nous apprennent la journaliste Marie Vastel et Donald Cuccioletta, de la Chaire Raoul-Dandurand de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). À la veille du discours de Barack Obama à la Chambre des communes, ils reviennent avec Isabelle Craig sur les critiques et les demandes à l'endroit du Canada dissimulées dans les discours de dignitaires étrangers. 
 
« Il faut toujours essayer de lire entre les lignes, parce qu'en diplomatie, on dit rarement les choses de façon directe, mais souvent, on peut détecter, dans le ton, certains messages », souligne Marie Vastel.  
 
Appuis cachés 
La journaliste cite en exemple un discours prononcé par la première ministre britannique Margaret Thatcher en 1988, lors duquel elle a fait la promotion du libre-échange avec les États-Unis, signalant ainsi le début du néolibéralisme. Elle relate également un discours du président américain Bill Clinton en 1995, à neuf mois du deuxième referendum, qui vantait les avantages d'un Canada uni, mais appuyait le droit à l'autodétermination du Canada. En 2014, l'adresse de François Hollande sur l'importance de s'attarder aux changements climatiques a été reçue comme une critique de l'indifférence de Stephen Harper sur cette question.  
 
Repères historiques 
Donald Cuccioletta cite pour sa part les exemples d'une rencontre entre le premier ministre anglais Winston Churchill et le président américain Franklin D. Roosevelt avec le premier ministre canadien Mackenzie King, en 1943, ainsi que d'un discours du président américain Dwight Enseinhower en pleine guerre froide, en 1953. Il rappelle aussi que c'est au Canada que le militant sud-africain Nelson Mandela a donné son premier discours d'homme libre en 1990. Ces discours constituent, selon lui, des repères qui témoignent de grands moments de l'histoire.  
 
Au chapitre des critiques dissimulées, il décortique un discours du président américain John F. Kennedy donné en 1961, en pleine crise des missiles cubains. « Il devait prouver qu'il était un anticommuniste pur et dur. Quand il demande à John Diefenbaker de mettre en alerte les troupes canadiennes – donc, de se préparer à la guerre – Diefenbaker dit non. Au discours qu'il a fait au Parlement, Kennedy dit : "Pour que le mal puisse exister, il faut que les hommes de bonne foi ne fassent rien." C'est clair : ça, c'était une pointe! »


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