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Réfugiés : le camp de Paris marque un tournant

Le mercredi 1 juin 2016

François Audet, Zoé Barry et Josselyn Guillarmou
François Audet, Zoé Barry et Josselyn Guillarmou     Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

L'annonce de l'ouverture d'un camp de réfugiés à Paris montre que la France a choisi de s'attaquer concrètement au problème de l'afflux de migrants. Voilà comment François Audet, directeur de l'Observatoire canadien sur les crises humanitaires, et les chercheurs Zoé Barry et Josselyn Guillarmou interprètent l'annonce de la mairesse Anne Hidalgo. Ils expliquent à Catherine Perrin pourquoi la France doit maintenant accélérer le traitement des demandes d'asile, en plus de donner de meilleures conditions de vie aux réfugiés.  
 
« C'est symbolique, mais c'est quand même, pour moi, une démarche qui institutionnalise davantage et qui régularise cette situation, dit François Audet. Dans la majorité des pays européens – on l'a vu beaucoup en Italie et en Grèce –, quand les migrants arrivent, on dit : "Le train est là, l'autobus est là... Vous pouvez vous enregistrer chez nous, mais continuez votre chemin." La France a fait la même chose. On ne souhaite pas que les gens restent sur place, puisque ça engendre des problématiques comme on en voit déjà depuis de nombreux mois. » 
 
La loi de la jungle 
Zoé Barry et Josselyn Guillarmou se sont rendus dans la « jungle de Calais », ce camp informel partiellement démantelé en début d'année. « On voit des gens qui viennent de partout et qui sont là depuis longtemps, puisque les gens n'arrivent pas à passer [la frontière], indique Josselyn Guillarmou. Nous avons rencontré des gens qui, depuis cinq mois, essaient tous les jours, tous les soirs, de traverser. Soit ils essaient d'arrêter des camions pour tenter de se cacher dessous, ce qui est extrêmement dangereux – beaucoup d'entre eux meurent tous les mois, à Calais – ou alors, ils vont du côté du tunnel sous la Manche et essaient de se cacher soit à l'extérieur du train ou à l'intérieur. » 
 
Dignité recherchée 
« Ils cherchent surtout de la dignité, finalement, parce que sur toute la route de l'exil, ils n'ont pas eu cette dignité-là, fait remarquer Zoé Barry. Ils ont toujours été maltraités. Donc, en fait, ils continuent leur chemin jusqu'à trouver un endroit où ils seraient acceptés, où l'on pourrait leur donner des possibilités de s'intégrer. » 
 
Le colloque Frontières murées, frontières violentes aura lieu les 2 et 3 juin au pavillon Sherbrooke de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).


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